Lundi 9 février 2009 1 09 /02 /2009 22:59

Apple a changé sa raison sociale l'année dernière: depuis sa création la firme à la pomme (dont le logo est passé de l'arc-en-ciel à l'uni) s'appelait Apple Computers Inc.


La firme s'appelle désormais 'Apple Inc.' tout simplement (et surtout tout court)


Pourquoi cela? Parce qu'Apple n'est plus un fabricant d'ordinateurs, c'est un… fournisseur de services.


In fine Apple vend des plateformes de services:

-       Des Macs (Anciennement appelés 'Macintosh') qui s'intègrent parfaitement à iTunes, pour vendre de la musique, des séries… (Disponible aussi sur PC, tout de même!) sous forme de paiement one-shot ou d'abonnement.

-       Des boitiers AppleTV qui s'intègrent au couple Mac+iTunes, avant de s'en passer pour des services de type Guide TV et Streaming/Téléchargement de vidéo par le biais d'Internet.

-       Des iPhones/iPod Touch qui permettent de

-     Télécharger des applications gratuites et payantes et aussi de pratiquer l'iTunes en mobilité

-      Profiter du service MobileMe (payant sous forme d'abonnement) qui permet de synchroniser ses données personnelles entre son iPhone, son ordinateur et un espace dédié, accessible depuis Internet.


Un cas d'école: Apple est en train de réussir là ou les autres ont échoué, c'est à dire se rémunérer tout au long du cycle de vie d'un produit (Qu'il soit hardware ou software)


L'exemple d'un Sony en particulier (Dont votre serviteur est fan et ce depuis sa tendre enfance) et des fabricants japonais en général démontre que le passage d'une firme du secteur secondaire à une firme du secteur tertiaire n'est pas trivial, loin de là.

Nokia s'y essaye avec son portail 'Ovi' et son service 'Comes with Music', mais au vu de sa puissance de feu et du volume de téléphones vendus par le géant finlandais, les résultats sont assez décevants…


The Holy Grail


Les consommateurs sont désormais prêts à ajouter des fonctionnalités/services à leur terminal et ce après l'achat initial. Ce nouveau comportement peut constituer une vraie corne d'abondance, notamment en ces temps difficiles où faire acheter un nouvel appareil mobile ou numérique au sens large est plus que difficile, en outre il permet d'améliorer la fidélité des consommateurs à la marque et ecréer des sources de revenus supplémentaires pour les
'device manufacturers'.


Faciliter cet ajout de fonctionnalités ou 'l'upgrade' après achats est donc très tentant pour un fabricant, mais peut constituer un vrai casse-tête en termes industriel, organisationnel.


Pour un Original Equipment Maker (OEM), un appareil (Ou
Device) vendu en tant que plateforme de service est un changement de stratégie considérable.


Comme en escalade, le plus dur est le 'jeté', la transition d'un modèle à un autre: ce mouvement d'impulsion (Et donc de déséquilibre) en vue d'atteindre une prise qui n'aurait pu être atteinte normalement.


Ceci implique une approche de type 'Open Platform' (A ne pas confondre avec Open…Source), dans laquelle, le consommateur peut installer, soit des applications de son choix sur son appareil, soit des mises à jour de la part du fabricant (Par exemple des améliorations du 'Firmware', l'OS d'un produit non informatique) qui permettent une plus grande stabilité et de nouveaux services.

 

L'idée dans ce dernier cas est qu'un 'device' numérique doit, un an après son achat, mieux fonctionner qu'au début et non pas le contraire.

L'inconvénient majeur de ce genre de stratégie serait de repousser l'éventuel achat d'un nouveau modèle aux calendes grecques.


Actualisons les flux de trésorerie à date zéro


Cette crainte peut paraitre justifiée, cependant cet effet peut être surmonté/atténué par des revenus additionnels tirés de nouveaux services et par une amélioration de la fidélité du consommateur (Stickiness) à la marque, à l'environnement utilisateur et bien sûr aux services proposés… ce qui permet de proposer par la suite un nouveau modèle de 'device' et de garder le client dans le même 'soft-wall garden'.


L'idée est la même pour les consoles de jeu avec un Microsoft qui vient du logiciel et des Sony, Nintendo, qui essayent tous de se mettre au service: et ce en proposant Xbox Live et le portail NXE pour la Xbox 360, PlayStation Network (PSN) et PlayStation Home pour la PS3 et les Wii Channels pour la Wii.


Toutefois ces initiatives ne sont que de maigres avancées, par rapport aux potentialités: une vraie stratégie online de la part de Sony pourrait même d'ailleurs s'avérer gagnante pour la PS3 au terme de la génération actuelle de consoles de jeu.


Malheureusement Il y a de même un réel manque d'intégration des consoles portables de Sony (PSP) et de Nintendo (DS) avec leurs ainées de salon et comme évoqué, l'absence de plateforme de services de qualité pour ces dernières (Malgré le lancement récent du PSN pour la PSP).

 

Les fabricants d'électronique de loisirs (Consoles, Téléphones mobiles, PVR…) doivent se réveiller et rapidement, Apple les attaque de front, et renouvelle leur business model… d'ici à ce que l'iPhone devienne une véritable console de jeu portable (Cf article 'Barbarian at the Mobile Gaming Gate') et que l'AppleTV devienne un 'set top box' permettant de jouer sur sa télévision, il n'y a qu'un pas, que je franchis allégrement.

 

 

Quand j'étais petit, ma mère me disait, afin de m'obliger à manger des fruits et des pommes en particulier (En VO dans le texte, Brit oblige): 'An Apple a day, keeps the doctor away'

 

Aujourd'hui c'est plutôt: 'Apple: the gift that keeps on giving'.

Par Tariq Ashraf - Publié dans : Internet & High Tech
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Lundi 2 février 2009 1 02 /02 /2009 21:59

Le web bruisse de rumeurs, un nouvel iPhone serait en préparation: une dénomination interne à Apple utilisée pour identifier différents modèles d'iPhone (nommément le premier du nom et le modèle 3G) a été incrémentée d'une unité.

 

Tout le monde en parle et les professionnels de la profession (Analystes Financiers, développeurs, Blogueurs influents… ou non influents), sont quasi sûrs que le  prochain modèle l'iPhone sera orienté 'Jeu vidéo'.

 

Pourquoi donc? Parce que c'est un segment TRES porteur du multimedia mobile, et que l'iPhone a beaucoup d'atouts pour dominer ce segment…

 

L'iPhone et l'iPod Touch sont en train de devenir la plateforme de choix pour le jeu vidéo mobile: il suffit d'ailleurs de jeter un coup d'œil à l'App Store de la marque, pour s'en persuader… on y trouve moults 'Crash Bandicoot' (Vivendi Games), 'Super Monkey Ball' (Sega), 'Spore Origins' (Electronic Arts) et autres 'Tap Tap Revenge'.

 

Apple a annoncé la couleur, en Novembre 2008, quand l'un des Dirigeants Marketing, Greg Joswiak a décrit l'iPhone comme le 'Futur du Jeu' ('The future of gameplay'). Mégalomanie à la Steve Jobs? Pas sûr…

 

C'est une menace très sérieuse pour les consoles de jeu portables dédiées que sont la Nintendo DS et la Sony PSP

 

Apple: Playing Differently

 

Les raisons? Peu de choses en vérité:

-       Un modèle de distribution, numérique, rapide via l'App Store avec facturation intégrée (Le développeur/éditeur touche 70% de la vente, Apple 30%)

-       Un système d'accéléromètre et un écran tactile 'Multi-Touch' qui changent la façon de jouer habituelle (comme la Wii et sa Wii-Mote par exemple)

-       Un 'form factor' plus léger et portable comparativement aux rivaux…

 

Et puis surtout les consommateurs ont déjà un iPhone dans la poche pour appeler et être appelés, le même iPhone pour écouter de la musique, regarder des videos, pourquoi pas pour jouer?

 

Voyons les chiffres: selon les analystes, Apple est bien parti pour vendre environ 40 millions d'iPhone par an… en comparaison, Nintendo a vendu 42 millions de consoles DS de Janvier 2007 à Juin 2008 (Source: iSuppli)

 

Ajoutons à cela, le fait que l'App Store a déjà dépassé la DS et la PSP en ce qui concerne le catalogue de jeux: au bout de 3 mois seulement d'existence, 1 500 jeux étaient disponibles, contre 600 pour la DS et 300 pour la PSP (La qualité et la richesse des jeux et le processus n'est pas comparable, mais le catalogue de jeu est un/le critère de succès pour une console, portable ou non)

 

 

Bien sur, il y a quelques faiblesses que l'iPhone se doit d'adresser avant de devenir une vraie plateforme de jeu: un processeur, des capacités graphiques et mémoires quelque peu limités…

La PSP par exemple est une machine très sophistiquée qui n'a aucun problème à appliquer des textures sur les graphismes affichés, ce dont l'iPhone n'est pas capable… à date.

 

 

Paragon of Viral Marketing

 

Il y a de grandes chances qu'Apple va changer tout cela avec son prochain modèle, notamment avec le futur/hypothétique processeur ARM développe en interne (en Avril 2008 Apple a racheté le fabricant de semi-conducteurs PA Semi, afin de fabriquer des puces ARM pour ses prochains iPhones)

 

Bien sur il y a d'autres faiblesses à l'iPhone/iPod Touch comme plateforme de jeu, à commencer par le prix: (225 dollars ou 289 euros pour le premier prix, c'est-à-dire le Touch) contre 170 dollars pour la PSP ou 130 dollars pour la DS… ne parlons même pas de l'iPhone

 

D'un autre coté, en ce qui concerne Apple si l'on met de coté les jeux gratuits, la fourchette haute pour l'achat de jeux est à 9,99 dollars contre 20 à 40 pour la Nintendo DS (pas de téléchargement pour l'instant) et de 10 à 40 dollars pour la PSP (via la boutique online: le PlayStation Network)…

 

Fort de son succès, Apple va monter en gamme en ouvrant une section 'Jeux Premium' sur son App Store avec des éditeurs triés sur le volet, qui vendront leurs jeux à 19,99 dollars.

 

En ce qui concerne le prochain modèle d'iPhone, il convient bien évidemment d'attendre, une vertu que les fans de la marque ont du mal à pratiquer…

 

Le premier iPhone a été lancé en Juin 2007, le deuxième en Juillet 2008, je pense (en tant que Blogueur Influent ;) ) que l'été 2009 sera riche en annonces de la part d'Apple sur le front de l'iPhone.

 

En tout cas, espérons que cette mouture permettra le copier/coller… 

Par Tariq Ashraf - Publié dans : Internet & High Tech
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Jeudi 29 janvier 2009 4 29 /01 /2009 17:24

John Thain a donc avancé d'un mois le versement des Bonus chez Merrill Lynch, bonus d'un montant de 4 milliards de dollars, et ce afin de profiter de la (petite) fenêtre d'opportunité qui s'est ouverte après l'annonce du deal, fenêtre entre la fin d'année fiscale et la signature effective du rachat par Bank of America.

 

4 milliards de bonus pour une perte opérationnelle record de 21,5 milliards de dollars. J'avais précédemment entendu parler de bonus équivalent à 10% des profits, mais 20% des pertes?

J'avoue que c'est bien la première fois que l'on voit cela…

 

Dans quelle dimension parallèle vivez-vous mon bon Monsieur?

 

Qu'est ce que ne comprend pas ce type de personne? Non seulement ces banquiers, ne sentent pas concernés par la crise financière à laquelle ils ont contribué, mais de plus ils estiment que les égards et les bonus leur sont dus… sauf qu'ils ont été pour beaucoup sauvés par l'argent du contribuable.

 

John Thain de Goldman Sachs, du NYSE, puis NYSE Euronext, et finalement  de Merrill Lynch, un pas en avant s'il vous plait.

 

Ce Monsieur a donc réussi à (brièvement?)  éclipser M. Madoff: Il a été évincé de Bank of America jeudi, seulement 3 semaines après avoir vendu sa banque…. Et après avoir tenté de se faire payer un bonus de 35 millions de dollars.

 

State Losses & Private Profits

 

Les autres 'Princes' de Wall Street avaient publiquement renoncé à leurs bonus, du fait des conditions de marché et du plan de sauvetage des banques de 700 milliards de dollars. Mais en comparant son deal avec BoA, M. Thain a estimé qu'il méritait son bonus.

Son projet a été dévoilé dans le Wall Street Journal, et M. Thain a du démentir l'après midi même devant le conseil d'administration… mais non sans voter le versement anticipé des  'bonus' 2008.

Ulcéré, le PDG de BofA, Ken Lewis a convoqué John Thain pour lui signifier qu'il ne pouvait rester

One down, one to go…

 

Sauf que M. Lewis sent le vent de la fronde lui caresser le visage… les actionnaires sont en train de fomenter des actions en justice, afin d'accuser M. Lewis de mauvaise gestion, et M. Cuomo Procureur de l'Etat de New York a lancé une enquete sur le paiement des bonus de Merrill.

La dernière action en justice en date accuse MM Thain et Lewis d'avoir dissimulé des informations capitales lors du rachat de Merrill: M Lewis aurait du avertir ses actionnaires de la situation avant le vote sur l'opération de rachat.

De même ce dernier avait le devoir de dévoiler qu'il avait contacté le Trésor Américain pour une aide supplémentaire au vu des pertes de Merrill.


Lors du vote de l'assemblée des actionnaires sur le deal (5 décembre 2008)  Ken Lewis et John Thain ont annoncé que les résultats de Merrill étaient conformes aux prévisions.

La semaine dernière BofA a annoncé que les pertes abyssales de Merrill se sont matérialisées la deuxième semaine de Décembre.


On ne peut nier que les marchés connaissent une descente aux enfers (depuis au moins 3 mois), toutefois les indices US concernant les CMBS (Commercial Mortgage-Backed Securities), les titres de dettes à haut rendement (High-Yield Corporate Debt) et autres CDS (Credit Default Swaps) ont vu leur valeur baisser en novembre pour remonter (quelque peu) en décembre.

M. Lewis a voulu annuler le deal à la mi décembre, en utilisant la fameuse clause 'Material Adverse Change' (Clause permettant aux banques de résilier le contrat dans le cas où un évènement négatif majeur comme une crise boursière, une crise de liquidité).

 

Sauf que le Trésor l'en a dissuadé… le fameux 'risque systémique'. Il s'est trouvé collé avec un canard boiteux.


 

Les pertes de Merrill Lynch? De la Génération Spontanée mon bon Monsieur!


Comment les pertes de Merrill se sont matérialisées en une semaine de temps, après (comme c'est pratique) le vote des actionnaires?

Quelqu'un nous prend tous pour des idiots… et se croit très malin…


M. John Thain est soit fort incompétent (dans le cas où il n'a pas vu venir les pertes de 'la deuxieme semaine de Décembre' de Merrill), ou vraiment imbus de sa personne (le cas échéant): en dehors de la disgrâce, du bonus de 10 millions de dollars qui ne s'est jamais matérialisé, et de son départ de BofA, il paiera très cher toute cette affaire…


Au regard de l'histoire je pense que son nom éclipsera celui de M. Madoff (et ce d'autant plus que BofA a annoncé ce jour, l'étalement sur 3 ans du paiement des bonus 2008 pour ses propres troupes)…

Par Tariq Ashraf - Publié dans : Finance
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Lundi 26 janvier 2009 1 26 /01 /2009 22:10

Tiens, ce matin j'ai trouvé dans ma boite à lettres, une lettre manuscrite, c'est tellement rare de nos jours…

 

Il n'y a pas mieux pour se sentir considéré que de recevoir une telle lettre. Marcus Agius et John Varley, respectivement Président et Directeur Général de Barclays se sont donc adonnés à cet art en voie de disparition (quelque peu suranné il est vrai) qu'est le genre épistolaire, avec une missive à destination des investisseurs et des actionnaires de la banque (missive qui d'ailleurs a été très bien reçue).

 

Mais attention que les choses soient claires, il ne s'agissait pas d'une lettre dégoulinante dans le style 'repentir amoureux' ou d'une demande d'une nouvelle chance, mais plutôt une lettre de trois pages très bien tournée sur le ton de 'Je suis désolé que nous n'ayons pu nous entendre, mettons cela de coté et continuons la route ensemble'.

 

La manœuvre était risquée, car c'était la deuxième communication de ce type émanant de la Banque et ce en l'espace de trois semaines.

 

Mais en conjonction avec un 'lobbying' du gouvernement Britannique au cours du week-end en ce qui concerne son second plan de sauvetage des banques, Barclays a réussi son coup en annonçant que la publication de résultats serait avancée d'une semaine…des résultats à venir supérieurs aux 5,3 milliards de livres attendus et des dépréciations brutes limitées à 8 milliards, qui rassurent le marché, qui voit aussi s'éloigner ses craintes d'une recapitalisation éventuelle.

 

La banque britannique, qui a perdu 50% de sa valeur en Bourse la semaine dernière, a vu son cours gagner plus de 73% ce lundi à Londres: et ce après une ouverture sur une hausse de plus de 20%.

 

Il convient bien sûr d'attendre la publication des résultats le 9 février, afin de voir si cela constitue un vrai tournant dans l'histoire mouvementée entre Barclays et le marché.

 

Le point majeur à retenir est que Barclays ne brule pas son capital au même rythme que Royal Bank of Scotland, et qu'avec un ratio de capital Core Tier 1 qui dépasse le minimum requis de 17 milliards de livres, ces Messieurs de la Barclays ont de quoi voir venir avant une hypothétique recapitalisation.

 

Maintenant si le gouvernement pouvait se hâter d'annoncer les détails de son projet de 'Bad Bank', ces mêmes dirigeants pourraient mieux dormir la nuit…

 

Je me rappelle ce slogan des années 80, d'une société de télécommunications:

'Le Bonheur, c'est simple comme un coup de fil'

 

A la fin des années 2000, en ces temps difficiles, le bonheur pour la Barclays, c'est 'simple comme une lettre manuscrite'.

Par Tariq Ashraf - Publié dans : Finance
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Mardi 4 novembre 2008 2 04 /11 /2008 00:11

Le mot " sabot " est probablement la racine du mot sabotage, car les travailleurs qui voulaient un congé, ou qui voulaient lutter contre le patron pour moins d'heures de travail, jetaient certainement un sabot dans les machines d'une usine ou d'une ferme, endommageant ainsi l'outil et ne travaillaient plus jusqu'à ce que la machine soit réparée.


Cette action mettait ainsi en difficulté le patron.


Il semble donc que le cofondateur et PDG de Yahoo!, Jerry Yang, soit Anarchiste à ses heures: il a non seulement lancé sur les récifs, la firme qu'il a créée, mais il a aussi (après avoir refusé un pont d'or de Microsoft pour ce qu'il était en train de détruire) saboté le moteur de Yahoo!: en mettant sa plateforme à peine lancée -16 soupapes, double arbre à cames en tête, injection directe-  Panama de coté, pour utiliser le moteur de recherche Google.

Sauf que le deal n'allait jamais passer le bureau du DoJ américain: trop de problèmes de concurrence….

Et donc nous y sommes: il y a 'de grandes chances' (source: Blog Corporate de Google) que le deal qui permettait à Google de mettre un pied chez Yahoo! 'ne se fera pas'.

Revoyons l'action au ralenti (Wall Street et la Silicon Valley pratiquent la vidéo contrairement à la FIFA)

-          '$42 l'action pour Yahoo! Jamais! Elle est à $25 mais elle en vaut plus!'

-          'Ok dans la recherche sur Internet et de publicité contextuelle. on me taille des croupières, mais…ma nouvelle plateforme Panama va griller tout le monde au feu rouge!'

-          '$31 puis $34 l'action pour Yahoo! Jamais! Elle est à $19 mais elle en vaut plus!'

-          'Ok ma nouvelle plateforme Panama est pourrie, je vais louer le moteur de Google, mais oui c'est mieux, et puis les autorités de la concurrence vont dire oui!

-          '..et puis le marché est florissant (véridique: Argument de Yang en faveur de l'approbation par le DoJ du deal avec Google)'

-          'Je fais préparer un plan de licenciement pour me délester un peu… tout va bien, tout va bien!'

-          'Ok ils vont dire non, mais je vais me tourner vers AOL, c'est un bon deal ça va marcher vous dis-je!'


Ceci va laisser la firme de Jerry Yang  dans les pires dispositions avant un retournement du marché publicitaire, avec une rentabilité très faible et ce même avant ces errements stratégiques.

Le deal avec Google n'a jamais été la panacée: nous ne parlerons pas du problème qui consiste à  donner les clefs de la maison à un concurrent plus gros et plus apte à le gérer… d'ailleurs même dans ce cas de figure Yahoo! aurait du maintenir sa propre technologie de recherche pour satisfaire le DoJ.

Alors qu'un deal similaire avec Microsoft, ou une vente du business de recherche Internet aurait permis de tailler une fois pour toutes dans ces couts, et de créer de la valeur pour Yahoo!: Salariés ET Actionnaires.


Reste donc un deal avec Time Warner pour AOL… mais cela va s'avérer difficile:

-          En premier lieu le prix de 10 milliards de dollars demandé par TW (il y a quelque temps il est vrai)

-          De plus il faut vendre l'histoire au marché, et cela passe par une réelle pertinence économique pour ce deal, et donc par une restructuration drastique des couts, notamment en consolidant les régies publicitaires et la technologie, domaine dans lequel Yahoo! n'a pas d'historique très reluisant…


Revenons à nos…sabots.


"
Dans le domaine militaire, le mot 'Sabotage' est employé pour décrire l'activité d'un individu ou groupe indépendants (tels qu'un agent étranger ou un résistant), en particulier lorsque les actes de sabotage ont comme conséquence la destruction ou l'endommagement d'un service productif ou essentiel, tel que les équipements, usines, services publics ou aires de stockage.

À la différence des actes de terrorisme, les actes de sabotage n'ont pas comme premier objectif d'infliger des pertes humaines."



Jerry Yang est un patron qui a saboté sa propre machine (Nommément Yahoo!)


Son action a mis ainsi en difficulté les actionnaires et les salariés:

-          Le Service Productif ET essentiel, le business de Yahoo! (Recherche et publicité contextuelle) est mort…pire encore il est discrédité

-          Cela a eu pour conséquences des pertes humaines (1 500 -pour l'instant- faisant l'objet d'un plan de licenciement)

 

Comme évoqué précédemment Microsoft peut se permettre d'attendre (mais pas trop), le temps jouant en sa faveur… l'action est à $12,75 et le pire est à venir.



J'entends déjà Carl Icahn siégeant au prochain conseil d'administration de Yahoo!:

'Gentlemen, we have a Saboteur on (the) Board...'

Par Tariq Ashraf - Publié dans : Internet
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Dimanche 28 septembre 2008 7 28 /09 /2008 14:58

Bob of Diamonds


Sir Fred Goodwin a du s'étouffer en mangeant son porridge


Un an après avoir lancé Royal Bank of Scotland à l'assaut d'ABN AMRO et finit par payer 11 milliards de Livres Sterling pour un actif de seconde zone, et l'avoir emporté sur l'acquéreur initial, la Barclays, il découvre que son malheureux adversaire s'est acheté la quatrième banque d'affaires Américaine. Et ce pour une tablette de Chocolat Cadbury's (celui avec les raisins et les amandes: The very Best!)


L'achat de Lehman Brothers pour 1 milliard de Livres est… un coup de maitre.

Bob Diamond le président de Barclays qui dirige la Banque d'Affaires Barclays Capital, et le CEO John Varley ont été des maitres tacticiens…


I’ll just take the good assets, thank you…
(But I don’t want to pay up for them)

 
   

Barclays a racheté les meilleurs morceaux de la banque américaine pour une bouchée de pain. En payant 1,75 milliard de dollars (dont 1,5 milliard pour la tour Lehman près de Times Square, soit seulement 250 Millions pour l'activité bancaire) pour la totalité des activités actions, obligations, courtage et conseil, et les 10 000 salariés travaillant aux Etats-Unis.


Barclays va booster ses activités outre-Atlantique tout en bénéficiant de belles synergies. Barclays Capital va notamment passer de la 35e à la 3e place sur le plus grand marché mondial des fusions et acquisitions.

La banque britannique qui reprend 72 milliards d’actifs pour 68 milliards de passif, paye ainsi moins que l’actif net un ensemble comprenant moins de 5% de produits lies aux crédits immobiliers.


Autant dire que face à des Américains tétanisés et à des Européens immobiles, Diamond a peut-être réalisé le meilleur deal de l’année.


Après avoir étudié le rachat de la banque dans sa totalité, Barclays a renoncé, car le Trésor (Nommément Henry Paulson) n'a pas voulu récupérer une 'Bad Bank' avec les actifs toxiques de Lehman, ni donner sa garantie à Barclays, le temps que le deal soit bouclé (Barclays devait dans le cas d'un rachat convoquer une AG d'actionnaires pour valider l'opération)


Sauf que lorsque Lehman Brothers fait faillite, le seul adversaire, Bank of America a annoncé une fusion avec Merrill Lynch… quelles sont alors les options restantes pour les administrateurs judiciaires?

-          Attendre… ce n'est pas une bonne solution, une banque vend de la confiance… après la faillite, il ne reste plus rien de cette confiance (sic) et les clients et les employés fuient… et puis le temps de trouver un acquéreur, qui voudra analyser l'opportunité et les risqué associés…

-          Faire un deal avec…Barclays… qui est prête au rachat, l'opération a déjà été étudiée, et analysée…


Et donc Barclays rachète… à un prix modique, une très belle banque… un beau parti, car du fait de cette faillite, seuls les actifs sains sont vendus… exit les actifs toxiques (
85 Milliards de Dollars)


Barclays garantit le paiement des salaires, jusqu'a ce que l'acquisition soit bouclée et après garantira les bonus et les packages de licenciement accordés du temps de Lehman



Tout compte fait tout cette histoire est une 'Blind Date':

-          Henry Paulson (du Trésor) a arrangé un rendez-vous avec ses amis (Bank of America et Barclays) pour rencontrer Lehman Brothers qui ne les connait pas bien et qui ne sait pas ce qu'il l'attend…

-          Lehman est belle à croquer, tout le monde aimerait bien sortir avec… sauf qu'elle n'est pas très stable…

-          Henry pense qu'il lui faut quelqu'un de bien, un vrai partenaire qui pourrait l'aider à avancer dans la vie,

-          Quand Lehman découvre le pot aux roses… c'est la colère… d'autant plus que Bank of America n'a pas l'air d'être sous le charme (il lorgne sa copine, Merrill)

-          Barclays par contre semble intrigue… sans etre completement subjugué…

-          Après une soirée fort agréable, où Henry jouait les chaperons et où Lehman et Barclays ont parlé de tout et de rien, les convives se quittent.

-          Lehman adore ce Brit aux accents américains... sauf que Barclays dit à Henry que Lehman est trop belle pour lui, et que tous ses problèmes passes pourraient poser sur leur couple éventuel.


Le zéro et l'infini, un vrai ascenseur émotionnel, ça devait marcher, ça allait marcher… sauf que ça n'a pas marché….

… sauf que le lendemain, le téléphone de Barclays sonne… un numéro qu'il ne connait pas:

1 -     C'est Lehman qui appelle pour lui proposer de sortir (quelle Victoire!)

2 -     Elle a arrêté les bêtises, tout est rentré dans l'ordre.


Le plus jaloux doit être l'ami Ken Lewis, dont la banque est sortie des négociations, et ce pour racheter Merrill Lynch (la copine de Lehman: il faut suivre un peu, on l'a vue la première fois lors de l'épisode où Billy sortait avec Amanda) 

Un rachat qui se fait sur la totalité de la banque, actifs toxiques compris…


Avec ce deal Bob Diamond a démontré, qu'un peu de patience, de bluff, mêlés à de la tactique pouvaient etre au service d'une bonne stratégie.


En attendant que le processus de banqueroute aille à son terme: nommément la faillite, Bob Diamond a raflé la mise, c'est Lehman qui a appelé pour se faire racheter (véridique), ce qu'a fait Bob pour une bouchée de pain.



You know 'relationships'…

 

If you want someone to love you, open your heart.

If you want someone to be obsessed with you...close it.

Par Tariq Ashraf - Publié dans : Finance
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Dimanche 28 septembre 2008 7 28 /09 /2008 14:57

Lehman Brothers est donc tombée.


Attaquée de toute part, la Banque d'Affaires Lehman Brothers, l'une des icones de Wall Street a fait faillite au cours du week end du 13 au 14 septembre.


Lehman a été victime d'une crise de liquidités.


La décision des autorités américaines, le week-end dernier,de ne pas venir à la rescousse de la Banque d’Affaires Lehman Brothers et de la laisser faire faillite pourrait bien être fatale à Morgan Stanley, et peut-être même à Goldman Sachs, estiment certains spécialistes des marchés.


Effet Domino?


Contrairement à une banque universelle, une Banque d’Affaires n’a pas la possibilité de s’appuyer sur les dépôts de particuliers pour lever des fonds sur le court terme. Elle doit impérativement émettre des certificats de dépôt pour financer son activité. Et ce même si la plupart des Banques d’Affaires ont allongé la maturité de leur dette ces derniers mois pour se protéger des effets de la crise.

Le problème est que les établissements financiers auprès desquels les banques d’affaires se refinançaient refusent aujourd’hui de prêter cet argent, soit parce qu’ils le gardent pour eux, soit parce qu’ils n’ont plus confiance dans la capacité de remboursement de ces banques.


Ils sont d’autant moins enclins à prêter que ces banques sont encore très risquées, car elles ont beaucoup emprunté pour investir et que même l’environnement comptable incite à la prudence. Aux Etats-Unis, les banques doivent inscrire leurs actifs à leur valeur comptable, or ceux-ci baissent, donc dégradent les bilans, donc les notes des agences de notation, etc.


Les banques d’affaires comme Morgan Stanley et Goldman Sachs pourraient donc très vite ne plus pouvoir honorer leurs échéances. C’est ce qui est arrivé à Lehman Brothers la semaine dernière.


Voila pour le contexte Mais revenons à notre propos initial… Lehman Brothers en faillite, car ni Barclays, ni Bank of America n'ont fait d'offre au cours de ce fameux week-end:


Faillite le Lundi matin… annonce de rachat par la même Barclays des activités Américaines de Lehman dans la journée….

Par Tariq Ashraf - Publié dans : Finance
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Mercredi 18 juin 2008 3 18 /06 /2008 01:23

… ce n'était pas un jeudi noir mais c'est un jour que les actionnaires de Yahoo! ne vont pas oublier de si tôt.

Pour commencer, la direction de Yahoo! a annoncé que d'accord, il n'y aurait point.

Puis Microsoft a subi une baisse du prix de son action d'environ $2,63, soit quasiment 10% en une séance.

La conséquence a été la descente aux enfers de l'action Yahoo! - A plus de $10 en dessous de la dernière offre de Microsoft…-  est que désormais Yahoo! n'a plus aucun ami à Wall Street. Les 'petits gremlins avides'  (Greed Gremlins) tels que Carl Icahn vont se déchainer sur la pauvre société internet et n'ont qu'une envie, avoir la tète de Jerry Yang.

(Ceci correspond respectivement aux Annonces numéro 3, 4 et 5  de mon article précédent sur Yahoo! datant du 5 mai 2008 'The Market giveth and the Market taketh away' )

Et encore, ce n'est qu'un des nombreux maux de Yahoo!, l'exode des cadres dirigeants continue (Annonce numéro 6 de mon précédent article sur Yahoo!): Usama Fayyad  le Chief Data Officer de Yahoo!,  Jeff Weiner, VP réseau, Jeremy Zawodny… ce qui indique bien que dans sa course folle pour se sauver ainsi que sauver sa société, le capitaine a perdu le soutien de ses officiers. Apparemment le recrutement serait concomitamment gelé.

(http://www.alleyinsider.com/2008/6/source_yahoo_in_hiring_freeze_starting_july_yhoo_)


Yahoo! a annoncé que la société allait utiliser la technologie Google pour sa recherche et sa publicité contextuelle.

Cet accord  va permettre de générer un CA supplémentaire (selon le consensus des analystes) d'environ $800 millions et entre $250 et $450 millions en Cash Flow opérationnel pendant la première année (A titre de comparaison un accord du même genre entre Google et MySpace a été signé en 2007 pour environ $900 millions, et ce pour une durée de 3 ans)

Je pense que c'est une erreur majeure, une erreur stratégique (Annonce Numéro 2) pour une société qui a perdu le cap il y a 3 ans avec Terry Semel son PDG de l'époque.

Pourquoi?

Essayons d'imager le propos: cela correspond à la situation d'un Chrysler demandant -gentiment- à Toyota de leur vendre leurs moteurs, pour toutes les voitures Chrysler sortant des usines…

J'avoue que  je suis tombé de ma chaise, à la lecture du blog de Google:

"Toyota sells its hybrid technology to General Motors, even though they are the number one and number two car manufacturers globally. Canon provides laser printer engines for HP, despite also competing in the broader laser printer market."

Je me demande si nos amis de Google ont observé la performance de GM dernièrement? Ou leurs ventes de voitures hybrides par rapport aux ventes totales sur ce segment de marché?

Avec cet accord, Yahoo! a publiquement admis que Google est bien meilleur qu'eux  quand il s'agit de recherche sur Internet et de publicité contextuelle.

A ceci s'ajoute le fait que le Département américain de la Justice (DoJ) va regarder tout cela de près: l'accord ne porte que sur les USA et le Canada, ceci étant évidemment lié au fait que cet accord ne passera jamais auprès de la Direction de la Concurrence de la Commission Européenne.


Ca va passer...

Yahoo! Pourra utiliser la technologie de Google en complément de la sienne:  et ce sans contraintes de minimum ou de maximum d'occurrences d'utilisation…

Cet accord non exclusif permet théoriquement à Yahoo! d'avoir des accords de même type avec d'autres sociétés… du moins c'est l'affirmation de Google.

C'est prendre les gens et le DoJ en particulier pour des imbéciles: même si Yahoo! signait des accords avec d'autres sociétés, c'est Google qui remporterait la mise.

Si l'on regarde la performance passée du moteur de recherche, on doit admettre qu'en termes techniques, son moteur de recherche et que sa plateforme de publicité ciblées sont les meilleurs et qu'en termes business les annonceurs ne jurent que par Google, un cercle vertueux difficile à briser.

Le DoJ va passer cet accord au peigne fin, au tamis puis aux rayons X, ce qui va faire peser une épée de Damoclès au dessus de Yahoo!, d'ailleurs même si le deal ne se fait pas, Google aura gagné en figeant le business de Yahoo! pendant un moment.

On peut aussi se dire que cela donne du temps à Google, car techniquement si le DoJ rentre dans une phase d'enquête approfondie (de 3 mois) Microsoft, Carl Icahn, et les autres actionnaires sont bloqués (en termes juridiques et boursiers) jusqu'au terme de cette période.

Le plus triste c'est que Yahoo! a été une grande société avec une offre de qualité, avec un fondateur -Jerry Yang- qui était non pas adulé, mais adoré de tous. Mais il a jeté son vaisseau contre les récifs… en termes techniques cela s'appelle du 'sabotage' ou plus précisément du 'sabordage' .


Wishing for the Best...

La meilleure solution pour Yahoo! ? Que quelqu'un veuille l'acheter… News Corp, AT&T, eBay,  AOL ou pourquoi pas Microsoft

Si rachat il y a cela sera à un prix inférieur à la dernière offre de Microsoft (Annonce numéro 7)

En Août aura lieu l'assemblée générale, le raider Carl Icahn ('And I will!') va essayer d'envoyer le premier taïwanais dans l'espace (Jerry Yang), il sera aidé de moult investisseurs institutionnels et particuliers, ils ont un ennemi commun: M. Yang, qui a fait beaucoup pour couler la société avec ses maladresses… il a juste oublié que cette société n'est pas que la sienne.

Plusieurs scénarios sont possibles, un statut quo, l'équipe dirigeant reste en place, une mise en orbite lunaire pour Jerry, ou un compromis…


Mais il ne faut pas oublier que Microsoft a besoin de Yahoo! et veut s'en emparer:

A $33 l'action, Steve Ballmer proposait 50% en cash soit $ 23 milliards en monnaie sonnante et trébuchante.

-  S'il revient à son offre initiale de $31 mais en proposant 2/3 en cash, son action ne reculerait que peu et

    cela constituerait une très grande tentation pour les actionnaires de Yahoo!


Quoi qu'il arrive, Jerry Y. et le conseil d'administration sont sous pression…

 

Voyage en Italie


Et sous la pression il peut arriver qu'on change d'avis… voire que l'on fasse pénitence.

 

Canossa est une commune italienne dans la province de Reggio d'Émilie en Émilie-Romagne.

Le nom provient du château de la Comtesse Mathilde de Toscane.

Ce nom  fait  écho à un évènement historique se rapportant à la querelle des investitures, querelle qui opposa les empereurs d'Allemagne (puis les rois de France) à la papauté dans la désignation des évêques:

 

En 1076, l'empereur d'Allemagne Henri IV ayant fait destituer le pape Grégoire VII dans un concile d'évêques qu'il avait nommé, le pape excommunia l'empereur, déliant ainsi ses sujets de tout serment d'obéissance.

Les pourparlers ayant échoués, l'empereur se résolut à aller voir le pape lui-même: ll apprit ainsi que le pape était en villégiature à Canossa.

 

Franchissant les Alpes en plein hiver, il arriva aux pieds de la ville de Canossa le 25 janvier 1077.

 

L'apprenant, le pape fit fermer les portes de la ville.

 

La légende veut qu’Henri IV, sa femme et ses enfants, en chemise de bure, durent attendre, les pieds dans la neige, que le pape change d'avis, ce qu'il fit le 28 janvier.

 

Le recevant, le pape ne pouvait faire moins que de lever l'excommunication de l'empereur.

 

L'expression "aller à Canossa" est depuis utilisée pour évoquer un lieu ou une occasion de soumission, de pénitence ou d'humiliation devant son ennemi...

Par Tariq Ashraf - Publié dans : Internet
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Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /2008 14:59

"Thy words, I grant are bigger, for I wear not, my dagger in my mouth."

 

Selon William Shakespeare, les dagues et poignards qui ne sont pas empoignés peuvent être utilisés en paroles…

 

C'est bien pour éviter cela que M. Germond a ajourné l'Assemblée Générale des actionnaires d'Atos Origin:

 

La situation lui échappant, les Fonds Centaurus et Pardus étant prêts à la bataille il a choisi de tirer lui-même le rideau.

 

Je me rappelle des vieilles "AG" d’antan, où les petits actionnaires se motivaient plus par le petit cadeau d’accueil et le pot de clôture, ah c'était le bon vieux temps Madame!

 

Alors que là, les gens se sont comportés comme des sauvages, ils se jetaient à la figure (avec ou sans micro d'ailleurs) des arguments stratégiques, des montants de rémunération ou des noms d’oiseau,…

 

L’heure était effectivement grave, de 'bien-séance' il n'était plus question: Nadine de Rothschild s'en serai retournée dans sa tombe… (Renseignement pris, elle ne serait -pas encore- morte)

 

Résumons la situation.

 

Après une croissance spectaculaire (folle?) ces dix dernières années, bâtie à coups d’acquisitions, Atos Origin, l’une des plus grandes sociétés de services informatiques européennes, marque le pas en 2006, perd du terrain et voit ses profits prendre l'eau à grande vitesse.

 

Devant la dégradation des comptes, le groupe, non intégré, tente de lancer une fusion ou une vente à un investisseur financier mais l’affaire échoue, le patron fondateur (Bernard Bourigeau) est débarqué, les fonds d’investissement, Centaurus rejoint par l’américain Pardus, montent au capital et demandent une vente par appartements. Devant le refus de la direction, ils tentent donc de prendre le pouvoir à l’occasion du renouvellement des instances dirigeantes à l’assemblée générale.

 

Le coup de théâtre de l'AG, dû au "retournement" surprise d’un représentant des actionnaires salariés (durant la session de questions-réponses), provoque l’ajournement du vote décisif.

 

Le spectacle de cette démocratie brouillonne et inachevée, qui sera suivi de péripéties judiciaires, est plutôt un signe de vitalité par rapport aux arrangements de couloir qui prévalaient auparavant.

 

Même si M. Bébéar, 'Parrain' du capitalisme française a affirmé, que les dirigeants ne sont pas les propriétaires d'une entreprise, il est encore de bon ton (Merci Madame la Baronne) de voir l’entreprise comme une dictature éclairée, voire une monarchie dans le cas des entreprises familiales, dont le contrôle ne peut être modifié qu’à la suite d’un putsch installant un nouveau despote.

 

Allons soyons sérieux Mon Bon Monsieur:

'Le modèle démocratique qui fait la force des grands Etats modernes, fait de transparence et d’alternance, ne peut etre appliqué aux sociétés. Ce qui signifie que ni les actionnaires ni, bien sûr, les employés ne seraient dignes de juger et de changer, au besoin, les chefs qui la dirigent.'

 

Du côté des actionnaires, le contre-pouvoir s’organise grâce à la professionnalisation de ses acteurs. Les fonds activistes jouent leur jeu en appuyant là où ça fait mal, en accélérant les transformations.

 

En interne, cette crise a aussi largement secoué l’entreprise: la crise actuelle pourrait en effet pousser des collaborateurs à aller voir ailleurs, mais aussi inquiéter les clients. L’an dernier, la mise en vente de la SSII avait fait perdre plusieurs centaines de millions d’euros de contrats, selon la direction.

 

Dans ce contexte, l’assemblée du 12 juin promet d’être…tendue.

Les 14,2 millions de votes exprimés lors du vote par correspondance resteront valables, indique Atos Origin. Ils représentaient près d’un tiers du quorum constaté la semaine dernière (62,7%).

 

Le reste de la partie se jouera dans la salle.

 

Si l'on fait appel à l'actionnaire pour financer son activité et ses acquisitions, et si on se fait le chantre de la création de valeur, alors on doit lui rendre des comptes, on ne peut lui tourner le dos… car s'il est mécontent il prendra la parole et n'hésitera pas une seconde à faire valoir ses droits.

 

Ne dit-on pas d'ailleurs, que celui qui frappera par le glaive, périra par le glaive?

Par Tariq Ashraf - Publié dans : Corporate Governance
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Lundi 5 mai 2008 1 05 /05 /2008 10:13

Le roi Pyrrhus Ier d'Épire, défit les Romains pendant la guerre de Pyrrhus en Italie à la bataille d'Héraclée en -280 et à celle d'Ausculum en -279. Son armée souffrit de pertes irremplaçables.


Après cette bataille, Plutarque relate dans un rapport de Denys d'Halicarnasse:

"Les armées se séparèrent; et, on raconte, que Pyrrhus répondit à un qui célébrait sa victoire qu'Encore une victoire comme celle là et qu'il serait complètement défait".


Il avait perdu une grande partie des forces qu'il avait amenées, et presque tous ses amis et principaux commandants; il n'avait aucun moyen d'avoir de nouvelles recrues (...). De l'autre côté, comme une fontaine s'écoulant continuellement de la ville, le camp romain se remplissait rapidement et abondamment d'hommes frais, pas du tout abattus par la défaite, mais gagnant dans leur colère une nouvelle force et résolution pour continuer la guerre."


Donc si à chaque victoire de Pyrrhus les Romains perdaient plus d'hommes que lui, ils pouvaient facilement recruter de nouveaux soldats, et leurs pertes affectaient beaucoup moins leur effort de guerre que celui de Pyrrhus.

Depuis, une Victoire à la Pyrrhus est une victoire avec un coût dévastateur pour le vainqueur.

 


Hier dimanche, Microsoft (que je tiens comme beaucoup d'autres comme l'Empire du Mal, the 'Evil Empire') a retiré son offre sur Yahoo!, offre améliorée à $34 par action (relevée de $3 depuis sa première offre.) pour un montant total de $47,5 milliards de dollars.

 

Yahoo! a campé sur ses positions à $37 par action. Une victoire donc, au bout de 3 mois de bataille.

 

L'envahisseur est repoussé, Jerry Yang l'a bouté en dehors de son territoire. Une Victoire qui n'est qu'une victoire à la Pyrrhus.

 

Je ne connais pas les échecs. Je joue aux Dames (!) tout au plus. Mais j'ai quelques prétentions en termes de Stratégie. J'avais annoncé il y quelques mois à ceux qui voulaient l'entendre (nommément ma voisine de 80 ans qui est -la pauvre- à moitié sourde) que le coup initial de Microsoft était un coup de maitre.

 

Un coup qui n'avait qu'une seule conséquence.

 

Echec et Mat. Checkmate: Yahoo! était déjà mort après ce coup. C'était écrit.

 

 

En retirant son offre pour Yahoo!, Microsoft a démontré qu'il restait le Prince Machiavel de la Technologie.

 

Pourquoi me direz-vous? Elémentaire:

 

-    Yahoo! n'a aucun vrai prétendant (AOL? Google? Soyons sérieux) et ses options en tant que société indépendante sont plus que limitées.

-         En se tournant vers Google, Yahoo! a montré son jeu et a clamé haut et fort que la société Yahoo! n'a aucune confiance en son propre moteur de recherche et sa propre plateforme de publicité online, et donc de fait admet sa défaite tactique (stratégique) sur le terrain -prometteur- des e-publicités.

-         Le cours de l'action va tomber (Je prédis une baisse à deux chiffres ce jour, à l'ouverture de Wall Street)

-      L'année dernière, selon une rumeur récurrente, Microsoft aurait fait une offre pour Yahoo! à $41 par action. Yang & Co auraient dit 'Non'. De même pour une offre à $31. Puis à $33. Si le cours tombe à environ $21, les actionnaires ne vont pas être très très contents. Je sens l'odeur du sang…il n'y a pas d'amis à Wall Street quand il s'agit de business.

-         Il va y avoir moult procès de la part des actionnaires. Pourquoi? Parce que les dirigeants n'ont pas agi pour dans l'intérêt social (de la société). Or la société appartient à ses actionnaires (C'est une profonde conviction: ceux-ci prennent le plus gros risque et ce en la finançant)

-      L'ambiance au sein de cette société doit être excellente… combien de temps avant un nouvel exode des meilleurs talents?

-         Dans les 12 à 24 prochains mois, après que Yahoo! ait bien bu la tasse, Microsoft fera une nouvelle offre, inférieure d'au moins $10 à sa meilleure offre; et Yahoo! acceptera.

 

Jerry Yang et David Filo ont crée Yahoo! à l'université Stanford, en janvier 1994, puis l'entreprise elle-même a été fondée en mars 1995.

Le 12 avril 1996, Yahoo! est coté en bourse avec une mise sur le marché de 2,6 millions d'actions à $13 l'unité, soit un total de $33,8 millions.

 

Jerry Yang a, depuis 12 ans, plusieurs fois loué le marché: des investisseurs (Business Angels, Venture Capital…) ont  cru à Yahoo! et son IPO (Initial Public Offering: Introduction en bourse), et ils ont accompagné la croissance de la société.

 

Mais en refusant les différentes offres de l'Empire du Mal, Jerry & David, ont tourné le dos à ce qu'ils ont porté aux nues, c'est à dire le marché et leurs investisseurs: les actionnaires.

 

Les mots du PDG de MicrosoftSteve Ballmer, vont hanter Yahoo! pendant quelque temps:

 

“I still believe even today that our offer remains the only alternative put forward that provides your stockholders full and fair value for their shares …By failing to reach an agreement with us, you and your stockholders have left significant value on the table. But clearly a deal is not to be.”

 

 

Checkmate they say: The Market giveth and the Market taketh away.

 

Par Tariq Ashraf - Publié dans : Internet
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Profil

  • : Tariq Ashraf
  • An Englishman in Paris
  • : Homme
  • : 01/12/1976
  • : Business Finance Media High Tech Technology
  • : Quelques bons mots, un peu d'humour (Anglais), beaucoup de Business (Une deuxième religion), des TMT... somme toute, le regard d'un simple Citoyen (Au sens de la Grèce antique) sur notre société.

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