Lundi 8 juin 2009 1 08 /06 /2009 22:12

L'un des grands succès d'Apple ces dernières années a été la capacité qu'a eue la firme de proposer un bundle Lecteur MP3 et site d'achat de musique: sous la forme de l'iPod tout d'abord, puis de l'iPhone ensuite, tous deux étant reliés à la plateforme iTunes.


Apple
a dans un second temps lancé son 'Application Store' pour la plateforme (Unique) iPod Touch/iPhone avec le succès que l'on sait (1 milliard d'Applications téléchargées en 9 mois).


Désormais, chaque constructeur de Smartphones (Et chaque Opérateur) lance son 'Application Store', et des applications mobiles proposant de la musique en 'streaming' commencent à faire leur apparition.


Ce dernier phénomène pourrait transformer l'une des forces d'Apple, nommément son business autour de la Musique (Objet de lourds investissements) en une faiblesse… ce qui va amener la firme à faire des choix difficiles dans les années qui viennent.


Il y a quelques semaines la startup
Spotify, a fait une démonstration de son application mobile pour le système Android.


Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse


Spotify
est un service de musique en streaming sous la forme d'un logiciel à télécharger pour Windows et Mac qui vous permet de rechercher, de naviguer et d'écouter un catalogue important de musique, et ce gratuitement et légalement (Spotify a négocié avec les Majors de la musique afin de pouvoir proposer leur catalogue), même si l'ajout de publicités dans la version gratuite est prévu.


Ce système fonctionne selon le principe du 'Peer-to-Peer 'et la rapidité lors d'affichage des résultats de recherche ou de diffusion est impressionnante: elle égale voire surpasse les services de musique les plus connus. Le client Spotify fonctionne comme une sorte d'iTunes avec des liens pour accéder aux morceaux.


Spotify
propose une réelle valeur ajoutée en ce sens qu'il est possible de partager un morceau avec un autre utilisateur grâce aux liens. Cerise sur le gâteau, il est même possible de partager une 'playlist' avec un ou plusieurs utilisateurs où chacun pourra ajouter ses propres morceaux.


Spotify
a une belle carte à jouer, et ce notamment depuis le début de l'année, car le pionnier Deezer a mis en place (Entre autres) l’inscription obligatoire… ce qui a pour effet de restreindre le catalogue disponible selon le pays de connexion.


Avec son application 'Spotify Mobile', la startup permet le streaming de morceaux de musique, une fonction de 'cache' permettant l'écoute de musique en mode déconnecté et la synchronisation de morceaux/playlists avec le site Internet éponyme.


Bien évidemment on peut fortement supposer qu'il existera des limitations à ce genre d'application, limitations imposées par l'Opérateur Telecoms (En termes de capacité réseau, bande passante, de forfaits, d'options à souscrire…).

Mais quelles qu'en soient les limitations, ce genre de service serait très proche de l'achat de morceaux de musique comme le permettent Amazon MP3 ou iTunes: cela en a la couleur, cela en a le gout…mais c'est n'est pas de l'achat de musique, plutôt une sorte de Canada Dry de la musique en ligne.


Ceci explique que beaucoup d'observateurs s'attendent à ce qu'Apple n'accepte pas de version iPod Touch/iPhone de l'application Spotify, car cela menacerait le business model de son iTunes Store.


Spotify
(Dont le service n'est pas encore disponible aux Etats-Unis) a précisé que contrairement sur Windows ou Mac, l'usage de Spotify Mobile sera conditionné à un compte Premium, et donc payant.


La startup incarne la prochaine tendance de consommation de la musique: en mobilité, à la demande et en streaming…. ce qui va fatalement rendre les services de type iTunes beaucoup moins attrayants.


La décennie pendant laquelle Apple a investi et dominé la musique online, deviendrait alors, son talon d'Achille: en effet  le standard 'ouvert' d'un Android et d'un Google, donne plus de latitude et de flexibilité quand à l'innovation et aux nouveaux modes de consommations.


You've got to rub me the right way


Jusqu'à maintenant Apple a fait preuve d'une relative bienveillance vis-à-vis des sociétés qui proposaient de la musique en streaming: des firmes comme (Feu?) Imeem ont flirté avec les lignes de ce qu'Apple peut accepter, en proposant notamment:

-          Une fonction radio (De type Pandora)

-          L'écoute en streaming de sa propre collection de morceaux transférés sur les serveurs d'Imeem


Imeem
a gentiment joué le jeu d'Apple en proposant des liens associés à l'écoute de musique, liens pointant vers iTunes bien évidemment.


Mais avec l'avènement de modèles comme Spotify, Apple se voit donc face à un choix:

-          Garder son modèle et laisser le champ libre à des Android (Et ce lors d'une phase de transition naturelle des ventes de terminaux mobiles vers les 'Superphones')

-          Anticiper cette tendance et proposer ses morceaux en streaming sur iTunes 'Fixe' et iTunes 'Mobile', ce qui va nécessiter un nouveau round de négociations avec les Majors, une infrastructure de serveurs (Si Apple reste sur l'architecture actuelle et ne passe pas au 'Peer-To-Peer'…d'où peut être le deal pour installer un centre de serveurs en Caroline du Nord).


Bien sûr rien n'est encore joué, et le streaming on-demand n'est pas une science parfaite, loin s'en faut:

-          Les opérateurs auront le dernier mot en termes de Mobile Neutrality

-          Apple maitrise toujours l'expérience utilisateur et la relation client, c'est d'ailleurs l'un des atouts phare de la marque.

-          Le streaming de morceaux de musique n'est intéressant que si l'application en question peut tourner en tache de fond (Le fameux Multi-tasking), et cette option n'est pas celle d'Apple, la batterie de l'iPhone ne permettant pas de profiter ne serait-ce que d'un usage modéré de ce mode.


D'une Economie de stock à une Economie de flux…


Nous sommes à l'aube d'un profond changement, le Cloud Computing, le streaming de musique, le 'SaaS' n'en sont que de multiples exemples: la logique de stockage est remplacée par une logique de bande passante.

Ce mouvement de fond constitue le passage d'une Economie de Stock (Stockage local, logiciels/progiciels client lourd, logique d'achat, licence perpétuelle…) à une Economie de Flux (Stockage et usage déporté, accessible via le réseau mobile ou internet, client léger, abonnement…).

Bien sur les réseaux (Mobiles plus particulièrement) devront suivre: les opérateurs devront adapter leur infrastructure, leur structure de couts et leur pricing (En limitant les usages pendant une période de transition?), mais la tendance à terme est celle d'utilisateurs ultra-connectés, et ce tout le temps.


La musique est une illustration de ce mouvement et des enjeux associés: le streaming s'apprête à passer de la sphère de l'internet fixe à celle du mobile, et la firme de Cupertino va devoir repousser l'envahisseur (Ces barbares d'Android notamment).


La musique constitue l'un des avantages concurrentiels d'Apple, Google, est -pour le moment- agnostique dans le domaine… et c'est bien ce qui pourrait constituer une menace pour Apple pour la décennie à venir.


I guess Apple will have to let the Genie out of the bottle... one way or the other.

 

@TariqAshraf

Par Tariq Ashraf - Publié dans : Internet & Mobile
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Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /2009 01:00

Dans un précédent article (What are you looking for'), j'ai eu l'occasion d'évoquer le lancement du nouveau moteur de recherche de Microsoft, et son changement de nom… j'ai entre autres mis en avant qu'un bon point de départ pour Microsoft serait une marque forte et une campagne marketing de qualité…

 

Et bien nous y sommes… Microsoft a lancé Bing le 1er Juin (La date officielle était elle au 3 juin).

 

Avant de parler de marque et du moteur de recherche, prenons un peu de recul pour voir quelle pourrait être la stratégie de Microsoft.

 

La firme de Redmond ne va pas gagner la guerre des moteurs de recherche contre Google:

C'est fini. Microsoft a perdu.

En effet, la seule issue pour Microsoft dans le domaine de la recherche Internet, est l'échec… l'échec si Microsoft continue de suivre les règles du jeu établies par Google.

 

Steve Ballmer et ses lieutenants doivent établir de nouvelles règles, et penser comme le Roi David l'a fait devant le géant Goliath.

 

It's not a matter of Skills, but a battle of Wills

 

Dans ce passage de la Bible (devenu un classique depuis) un jeune berger (David) se porte volontaire pour se battre contre le champion des Philistins et donner la victoire à son peuple. Il n’était armé que d’une fronde, alors que le Philistin (Goliath) avait en sa possession Armure, Epée, Lance et Javelot…

 

"David courut à toute vitesse pour se placer et affronter le Philistin. David mit prestement la main dans son sac, y prit une pierre, la lança avec la fronde et frappa le Philistin au front. La pierre s'enfonça dans son front et il tomba la face contre terre.

Ainsi David triompha du Philistin par la fronde et la pierre. Il frappa le Philistin et le tua. Il n'y avait pas d'épée dans la main de David. David courut, s'arrêta près du Philistin, lui prit son épée en la tirant du fourreau et avec elle acheva le Philistin et lui trancha la tête. Voyant que leur héros était mort, les Philistins prirent la fuite."

 

David a donc bien changé les règles du jeu en utilisant ses propres atouts et les outils qui lui étaient familiers, en se gardant bien d'attaquer Goliath sur son terrain de prédilection.

Goliath était lent, et pétri d'arrogance, mais c'est bien ce qu'il lui permettait de résister aux attaques classiques qui a causé sa perte.

 

La situation de Google n'est pas si éloignée de celle du géant de la Bible, en ce sens que sa force est aussi sa faiblesse, les 'mots-clés' ou 'Keywords' qui sont au centre de son moteur de recherche. Microsoft doit casser ce modèle en allant plus loin que les simples 'Keywords', ce que ne peut faire Google,  ne serait-ce que parce que ces fameux mots constituent la pierre angulaire de son business de recherche mais aussi de sa technologie publicitaire 'Adsense'.

 

Microsoft a peu de choses  à perdre avec 8% de part de marché aux Etats-Unis l'année dernière contre 64% pour l'ami Google, Steve Ballmer peut se permettre de tenter des choses… et Google ne peut pas fondamentalement changer sa recherche par mots-clés: Les 'Keywords' sont les fondations mêmes de la société et 'alimentent' son Business Model, malheureusement ils n'alimentent en aucun cas l'ergonomie de la recherche sur Internet…


 

Bing From Jersey

Lors de la Conférence D7 d'All Things Digital, lorsque Steve Ballmer a donc parlé de Bing, j'avoue avoir été soulagé, rien de choquant ou de ridicule dans ce nom là…

Pour les plus anglophiles d'entre nous/vous, ce mot a d'ailleurs des accents assez savoureux, comme dans 'The Sopranos' de la chaine câblée HBO, où nos compères de la Mafia de New Jersey se retrouvent dans un bar…pour adultes nommé 'Ba da Bing'.

La phrase 'Ba Da Bing Ba Da Boom' elle, désigne une exécution ou une tache facile dans l'argot de New York.

Plus concrètement (et en laissant le style Maître Capello de coté), la firme de Steve Ballmer a positionné Bing, non pas comme un moteur de recherche mais comme un moteur de… décision (Decision Engine), ce qui est un coup de Maître en termes Marketing:

Nous ne vous aidons pas à chercher, nous allons vous aider à choisir.

-          Bing a pour ambition de ne pas fournir des pages Web, mais des réponses aux questions que se pose l'Internaute. Ce dernier utilisant le web pour trouver un hôtel, une salle de cinema, des idées de cadeaux, faire des réservations etc…

L'idée est donc de ne pas fournir un catalogue de contenu online mais de donner à l'internaute les éléments qui permettent de prendre une décision.

-          Bing organise le contenu et les résultats non pas via un simple algorithme, mais en analysant les types de résultats qui se sont avérés pertinents pour ces derniers.

Le moteur de recherche se focalise ainsi sur le contenu auquel l'internaute peut attacher de la valeur… ce qui le place entre un moteur de recherche 'classique' et la ligne éditoriale d'un moteur de recherche verticale ('What are you looking for')

-          Bing...filtre les résultats qui sont identifiés comme non pertinents, ainsi en lieu et place d'une quantité impressionnante de résultats de recherche, l'internaute a en face de lieu des résultats passés au tamis, Bing jouant le rôle du Concierge d'un Hôtel, qui oriente les internautes en fonction de leur besoin.

 

Show me the Money

Bing constitue donc un nouveau paradigme dans la recherche internet [Gartner, sort de ce corps!]

Dire que j'ai pu écrire cela… plus simplement, Bing change de posture dans la recherche internet et en conséquence, le marketing web va devoir s'adapter:

-          Un nouveau catalogue Internet centré sur la qualité de résultat

A date les annonceurs achètent la publicité liée à la recherche internet, auprès de Google et Yahoo! (Microsoft n'ayant au mieux que 8% de part de marché)

Bing va changer cela en permettant une recherche plus fine de la part de l'Internaute et donc -mécaniquement- une meilleure adéquation des publicités associées.

-          Une nouvelle approche du SEO (Search Engine Optimization)

Le SEO constitue l'ensemble des techniques visant à donner les d'informations concernant le contenu d'une page web aux robots d'indexation des moteurs de recherche afin d'influencer celle-ci.

Bing ne va plus afficher comme précédemment, TOUS les sites qui seront indexés par le moteur, mais va catégoriser les résultats et limiter le nombre affiché par catégorie et sous catégorie: une recherche pour le groupe 'Wax Tailor' va afficher les catégories 'Biographie', 'Musique', 'Concerts'…

Les stratégies de SEO vont donc devoir s'adapter afin de coller à cette nouvelle méthode d'indexation et d'affichage… et ne plus s'appuyer sur les seuls ’Keywords' chers à Google.

-          Une nouvelle forme de portail Internet

Les moteurs de recherche ont toujours eu pour ambition d'être des portails Internet, à mon sens, seul Yahoo! a réussi avec Yahoo! News, Yahoo! Finance etc…

Bing en tant que 'Moteur de Décision' devient un portail, mais différemment en ce sens qu'il fournit un contenu internet à l'utilisateur (dans le cadre d'une réservation de voyage par exemple), sans l'envoyer sur un autre site: une recherche pour au hasard, 'Avion Dubai' va pouvoir afficher les résultats de prix (sous forme notamment de graphiques, avec notion de tendance), de date, de recommandation par les autres internautes, et bien sur de liens pour acheter les billets et réserver un hôtel.

Les agences media, et les annonceurs vont devoir s'adapter, ne serait-ce que parce que les autres sites de recherche vont intégrer ce genre d'approche…

Ceci constitue une menace de taille pour les portails traditionnels (Yahoo!) et les moteurs de recherche thématiques que sont les moteurs de recherche verticaux (Voir 'What are you looking for')

 

Le Decision Engine de Microsoft emprunte énormément à ce que j'appelle la 'Philosophie du Roi David', et change l'ordre établi, ne serait-ce qu'en innovant, ce qui est somme toute assez rare pour cette firme:

-          Les internautes peuvent avoir des réponses à des questions qui sont saisies dans Bing

-          Les résultats sont affichés en catégories 'Logiques' telles que l'emplacement géographique par exemple, ces catégories 's'affinant' constamment

-          Les résultats sont analysés et présentés afin de trouver des réponses ou des éléments de réponse, non pas des URL (liens web)

 

Bling Bling (facile)

Pour finir, Microsoft va lancer une campagne de publicité de 100 millions de dollars pour le lancement de son nouveau moteur sur le thème de:

 

"Bing helps you overcome search overload and find the best choice faster"

 

"The world doesn’t need just another search engine, it needs a decision engine."

 

Pour être clair, je ne suis pas encore enthousiaste, j'attends de voir si la qualité de recherche est au rendez-vous, et si elle ME parait pertinente.

 

Je n'ai jamais été un fan de Microsoft, mais ce qui me parait important c'est que la firme lance un pavé dans la mare, et quel qu'en soit le résultat, cela va avoir pour effet de bouger les lignes.

 

Comme avec l'arrivée du Palm Pre qui va s'attaquer à l'iPhone d'Apple, il se peut que je ne change pas de baril de lessive, mais quoi qu'il arrive j'accueille avec grande satisfaction le retour de la concurrence: elle permet de réveiller les leaders (assoupis) du marché.

 

 

Comme dirait Steve B: 'Google, je te vois!'

 

@TariqAshraf

Par Tariq Ashraf - Publié dans : Internet
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Mercredi 29 avril 2009 3 29 /04 /2009 01:05

"Je ne pourrais jamais pénétrer nettement dans les choses d'en haut, si je ne suspendais mon esprit, et si je ne mêlais la subtilité de ma pensée avec l'air similaire.

Si, demeurant à terre, je regardais d'en bas les choses d'en haut, je ne découvrirais rien"

'Les Nuées'

(Tiré de 'Νεφέλαι/Nephélai' en Grec ou 'The Clouds' en Anglais)

Pièce d'Aristophane, 423

 

Cloud, Cloud Computing, Cloud Services: il n'y a pas plus tendance en ce moment, si ce n'est Twitter

Les industriels de l'informatique et des réseaux misent sur le nouveau concept qui consiste à centraliser des capacités informatiques dans des Data Centres et à vendre le service à la demande via un 'simple' accès web.

 

Une véritable révolution comparable à celle de l'internet et du e-commerce nous dit-on…

1 -     Un paiement plus souple

-          Facturation liée à l'usage…

-          Ajustement du service à la hausse ou à la baisse…

2 -     Une facilité et une rapidité de mise en œuvre

-          Accès à des ressources 'Hardware' dans un laps de temps relativement court.

-          Peu ou pas d'investissement (Capital Expenses: CAPEX) pour les utilisateurs.

3 -     Moult opportunités de création de valeur…

-          Moins d'obstacles techniques à l'innovation

-          Amélioration de l'interopérabilité entre des technologies très différentes…

 

Le Cloud est ainsi l'aboutissement d'un mouvement de fond vers la simplification et la dématérialisation des services informatiques. Le PC avait rapproché les moyens informatiques des utilisateurs mais en avait aussi imposé la complexité à tout un chacun; le Cloud lui, permet enfin de ne conserver que l'usage. La boucle serait donc bouclée.


Salut les petits clous!

 

Commençons par définir la chose: Le Cloud fait référence à l'utilisation de la mémoire et des capacités de calcul d'ordinateurs et de serveurs dédiés répartis dans le monde entier, et liés par un réseau, tel Internet. Les utilisateurs du Cloud peuvent ainsi disposer d'une puissance informatique considérable et modulable… tel que l'eau et l'électricité (ce qui correspond au concept originel 'On Demand' d'IBM)

 

Des services offrant donc des capacités de calcul et informatique au sens large, de réseau et de stockage avec:

1 -     Une absence de gestion matérielle ('Hardware Management') pour l'utilisateur du service

2 -     Des utilisateurs qui n'ont pas de couts d'infrastructure, mais plutôt des couts opérationnels qui d'ailleurs sont variables (Operational Expenses: OPEX)

3 -     Et une infrastructure très élastique en termes de capacité (à la hausse ou à la baisse)

 

 

Les Clouds remplissent les trois conditions, on peut citer comme exemples Amazon EC2, Windows Azure, Google Apps

 

Les Cloud Services, eux, ne remplissent pas la condition des coûts sous forme d'OPEX, Ils peuvent d'ailleurs être instanciés sur une couche Cloud (Le 'Software as a Service' ou SaaS est un exemple), les Cloud Services les plus connus sont Gmail, Google Docs, Yahoo! Mail, Salesforce CRM…

 

A l'image de la fée électricité il y a un siècle, la puissance de calcul et de stockage de l'information serait proposée à la consommation par des sociétés spécialisées. De ce fait, les entreprises n'auraient plus besoin de serveurs propres, mais confieraient cette ressource à une entreprise qui leur garantirait une puissance de calcul et de stockage à la demande.

 

Une couche logicielle de gestion des ressources et d'outils de programmation est aussi proposée par les propriétaires de Cloud Computing et ce de manière à rendre utilisable par le plus grand nombre ces ressources informatiques sans plonger dans les méandres de la technique.


De plus le Cloud Computing permet un accès simultané à l'architecture de la part de plusieurs utilisateurs, et en plusieurs endroits. Grâce à des performances réseau en croissance constante, le 'Hardware' peut être situé à une distance très importante de l'utilisateur du service.

 

La capacité peut être ajustée à la hausse et à baisse, dynamiquement et instantanément (ce qui constitue la vraie différence avec des hébergeurs).

 

C'est dans cette optique que les logiciels en ligne tels que les suites collaboratives peuvent être perçues comme la partie logicielle émergée de cette nouvelle manière de concevoir l'informatique. De même, les systèmes d'exploitation pourraient être proposés à distance. Sur ce point, les technologies de virtualisation, très en vogue à l'heure actuelle, pourraient s'intégrer à plein dans le concept de Cloud Computing.

 

 

La tête dans les nuages

 

En théorie, les avantages de ce système sont multiples. En 2009, 100 milliards de dollars vont être investis dans les serveurs d'entreprise (Source: IDC). Mais ces derniers ne sont utilisés qu'à 10 % (en moyenne) de leur capacité.


En mutualisant l'usage des serveurs, on estime que l'on pourrait au moins doubler leur taux d'utilisation. Alors que la crise économique pousse les entreprises à optimiser leurs achats informatiques, les fournisseurs de grands serveurs, comme HP, IBM ou Sun, et plus récemment Cisco (qui lui, maitrise le réseau), se sont donc lancés dans la course.

 

D'autres acteurs majeurs de l'informatique en réseau ont décidé d'y participer. En particulier Microsoft - qui a présenté un système d'exploitation virtuel baptisé Windows Azure - et bien sur Google: la firme de Mountain View est le champion des Cloud Services dans un premier temps  avec Gmail, Gdrive, Google Calendar puis du Cloud Computing (Google Apps).

 

Un mouvement stratégique planifié depuis longtemps, comme l'indique la construction de Data Centres massifs lancée depuis déjà plus de 5 ans par Google.

 

Amazon a été une des premières entreprises à proposer par l'intermédiaire de ses outils S3 (Simple Storage Service) et EC2 (Elastic Compute Cloud) du stockage et de la puissance de calcul tirée de son infrastructure informatique pour des clients. Le New York Times est par ailleurs client d'Amazon et utilise le service S3 pour ses archives en ligne.

 

 

Des clous oui!


…mais nous sommes encore loin du Cloud Computing en tant que service de type Utility: facile d'accès et fiable, comme peuvent l'être l'eau et l'électricité… il reste encore quelques obstacles à lever.



1 -    
Exigence de Sécurité ('Sans Maitrise, la puissance n'est rien')


Il existe une problématique de sécurité liée à la nature même du Cloud Computing: les données à traiter sont partagées entre la société cliente et son fournisseur… dans un environnement lui-même 'partagé'. Le fournisseur doit être capable de garantir la sécurité et la confidentialité des données au sortir de la firme cliente: que ce soit en termes de transport ou de traitement dans le Data Centre.


Ceci implique en interne une muraille de Chine entre les données de ses différents clients; et un chiffrage des données suffisamment puissant et crédible pour rassurer des clients confiant leurs informations sensibles (tels que les fichiers clients) à un tiers.

Bien sur cette exigence de sécurité est à comparer à toutes les vulnérabilités qui subsistent du simple fait de l'incurie ou de l'ignorance des utilisateurs (Perte d'ordinateurs portables contenant des données sensibles par des employés ou des consultants, de clés USB et autres CD Rom, Faille dans les clés WEP des réseaux WiFi etc…).


Toutefois, les solutions logicielles multi-clients ont encore du chemin à faire: comme toujours, les mesures seront prises après les premiers incidents.

 



2 -    
Les choix en termes d'architecture (plateforme) restent d'actualité


A l'heure actuelle (et cela ne semble pas près de changer) la totalité des fournisseurs de Cloud Computing forcent leurs clients à adopter une plateforme qui leur est propre (Amazon Web Services, Google Apps…). La plupart des sociétés possèdent plusieurs plateformes… donc dans le principe elles devraient adopter plusieurs fournisseurs… ce qui va à l'encontre de l'optimisation recherchée.

L'obstacle à l'interopérabilité étant de fait plus commercial que technique, il est probable que cette situation perdure tant qu'un standard de fait ne se sera imposé, permettant l'interopérabilité des solutions (une polémique a déjà défrayé la chronique entre IBM, et Amazon, mais elle constitue un sujet à part entière)




3 -    
La fiabilité n'est pas encore totale (My SLA is better than your SLA)


Cette année, les services Google Apps, Windows Azure et Amazon S3 ont été plusieurs fois indisponibles, et certains utilisateurs rapportent des problèmes réguliers de lenteur quand le service est censé être 'disponible'.


Bien sur cela arrive de même lorsque les services et les plateformes informatiques sont hébergées au sein de l'entreprise, toutefois la communication autour du problème est bien meilleure et des solutions de remplacement (Fail-over par exemple) existent.


Le Cloud Computing doit se convertir à des Services Level Agreements (SLAs) alignés sur les standards du marché; ce qui peut s'avérer difficile quand la qualité de service dépend de la disponibilité d'un réseau de transport que l'on ne maîtrise pas, et sur lequel les pirates informatiques ont développé des attaques très puissantes de déni de service souvent préludes à de l'extorsion.


 


4 -    
La localisation des serveurs de Cloud Computing est un facteur discriminant


Au risque d'en décevoir certains, Il n'y a aucune Magie: pour permettre le Cloud Computing, il faut des serveurs, dans des Data Centres… et c'est bien là que réside le problème, car la localisation de ces derniers décide de la loi applicable… aux données.

Par exemple, le gouvernement Canadien a des réticences à ce que ses agences utilisent un service hébergé dans des serveurs aux Etats-Unis, car selon l'US Patriot Act, le gouvernement américain peut y avoir très facilement accès s'il le décide…

Plus prosaïquement il est nécessaire d'avoir des Data Centres proches géographiquement de leurs clients pour prévenir toute latence dans les services proposés.

 

 


5 -    
Tout ne sera pas balancé dans le tonneau du Cloud Computing


Vitesse de traitement de données (en factorisant la latence), nature des données traitées (et risque associé) ainsi que le RoI sont autant de critères importants avant de penser à traiter ces données en dehors du périmètre de l'entreprise, et ce d'autant plus que les éléments constitutifs d'un Data Centre sont disponibles à l'achat pour les sociétés d'une certaine taille.

Gageons que le Cloud proposera une solution simple et souple, qui restera plus chère pour les grandes entreprises à l'usage (en termes de cout 'unitaire') que l'achat et l'exploitation d'infrastructures en propre.

Les solutions proposées actuellement visent d'ailleurs essentiellement les PME. Quant aux groupes, beaucoup de firmes  (comme General Electric par exemple) ont leurs propres Data Centres (internes ou hébergés) qui jouent le rôle d'un Cloud Computing interne. Plus de problème de sécurité (tout le monde étant derrière son firewall) et une logique de fournisseur interne qui -en principe- met la pression sur les SLA et les couts.

 

Le Cloud Computing est donc une tendance prometteuse, mais la révolution ne fait pas partie du futur immédiat, les entreprises n'externaliseront pas toute leur informatique dans le Cloud Computing: ce dernier fournira toutefois un bon benchmark pour tous les calculs de RoI (Return on Investment) d'externalisation de pans de la DSI…

Avec l'idée majeure que même si le Cloud Computing peut couter plus cher qu'un service 'hébergé' en interne, il ne coute rien ou très peu quand on ne l'utilise pas…d'où l'intérêt d'intégrer la notion de TCO (Total Cost of Ownership) dans toute analyse de scénarii.

 

OPEX 'de droit Divin'?

 

La question du choix entre OPEX et CAPEX n'est d'ailleurs pas forcément si simple que cela… l'utilisation de capital vs cash flow est une décision qui n'a pas d'impact sur le long terme en termes de RoI pour une entreprise bien gérée.

Le CAPEX ne constitue pas un péché capital, et les OPEX ne sont pas forcément 'bénis des dieux': c'est un choix qui relève des dirigeants (Directeur Général, Directeur Financier et Directeur des SI) et ce en factorisant plusieurs paramètres: opérationnels bien sur, mais aussi comptables et fiscaux…


Vincent Bouder

Tariq Ashraf (@TariqAshraf)

Par Vincent Bouder & Tariq Ashraf - Publié dans : Internet
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Mardi 14 avril 2009 2 14 /04 /2009 22:04

Skype, le service de téléphonie Internet d'eBay a lancé il y a peu, une application pour l'iPhone, sonnant la charge du 'mobile'. Ce faisant, Skype aborde une phase cruciale de son business plan.

 

Skype permet des appels gratuits entre utilisateurs du service, et des appels payants à moindre cout vers les numéros de téléphone fixe et mobiles, et ce grâce à la Voix sur IP (VoIP).

 

La croissance fulgurante du nombre d'abonnés tient en premier lieu à son marché américain, où les appels longue distance (hors de l'état de résidence) ont toujours été d'un cout très élevé, et où Skype a pu permettre des appels moins chers, voire gratuits (les fameux 'Free long-distance calls')

 

Cependant le concept de gratuité dans le cas de Skype Mobile est un concept somme toute assez relatif, ne serait-ce que parce que l'opérateur AT&T -qui détient l'exclusivité de l'iPhone aux Etats Unis- ne permet pas l'utilisation de la VoIP sur son réseau mobile (comme la plupart des opérateurs, en Allemagne et en France notamment).

 

Ainsi les clients 'iPhone' de l'opérateur qui dépensent 70 dollars par mois pour leur abonnement, vont devoir utiliser Skype via le WiFi… de même il faudra être connecté afin de recevoir des notifications d'appels via l'application: ce qui rajoute tout de même certaines contraintes à l'utilisation du service, ne serait-ce qu'un fil à la patte…

 

The numbers just don't add up

 

Le modèle et les chiffres de Skype me sont toujours apparus comme quelque peu… curieux.

Ne vous méprenez pas, le service est de grande qualité, même si je ne l'utilise que peu j'avoue.

En 2005 eBay a payé 3,1 milliards de dollars pour Skype, en grande partie pour la marque, et pour le 'first-mover advantage'.

-          Skype reste très populaire et sa croissance est fulgurante, avec 350 000 nouveaux utilisateurs…par jour.

-          En 2008 8% des appels internationaux aux Etats-Unis ont été effectués par le biais de l'application, ce qui fait de Skype le premier opérateur de trafic international aux Etats-Unis. (Source: TeleGeography)

 

 

Paradoxalement plus le service devient populaire, moins il est nécessaire de payer pour les appels, ceux-ci étant gratuits entre utilisateurs du service.

Malgré la base installée de 405 millions d'utilisateurs à fin 2008, peu sont enclins à sortir leur porte monnaie: l'ARPU (Average Revenue Per User) moyen n'est que de 1,35 dollar par…an.

 

ebay veut doubler les revenus à 1 milliard de dollars en 2011, ce qui parait très ambitieux…même si la marge brute est de 20%. La récente offensive de Skype sur le marché entreprise (intégration avec les PBX via le Session Initiation Protocol ou SIP, ouverture open source du codec audio 'maison' nommé SILK) répond à cette recherche de valeur.


Héritier du modèle internet, il y a fort à parier qu'une fois sa popularité assurée, Skype ne trouve que des revenus 'indirects': valorisation de sa base clients (publicité, partenariats), Facturation du logiciel plutôt que de son usage (upgrades, solutions premium)…


Avec le risque de perdre de son attractivité alors que la VoIP se banalise et que les géants Google (Google Voice notamment) et Microsoft forts de leur base clients ne se lancent dans un véritable Blitzkrieg.

 

Beggars cannot be Chosers

 

Il ne semble d'ailleurs que les nouveaux produits de la firme ne soient qu'une tentative d'embellir la mariée: dès que les conditions de marché s'amélioreront, Skype ferait "un très bon business indépendant" selon le PDG d'eBay, John Donahoe.

 

Selon le Wall Street Journal, Les fondateurs de la startup, Niklas Zennstorm et Janus Friis seraient en négociation avec des firmes de Private Equity (KKR, Warburg Pincus, Providence Equity Partners & Elevation Partners) pour lever  des fonds en vue de racheter Skype à eBay.

Le prix proposé serait d'un milliard de dollars, contre un prix de vente attendu par eBay d'1,7 millard…

 

En réalité les options d'eBay sont limitées, Skype et la firme Joltid, (Société contrôlée par Messieurs…Friis et Zennstrom) sont engagés dans une véritable bataille judiciaire: lors du rachat de Skype, le PDG d'eBay de l'époque, Meg Whitman a permis aux fondateurs de garder la propriété et l'usage de la technologie qui est au cœur du fonctionnement du service… ces derniers estiment qu'eBay/Skype les empêche de mettre en œuvre cette clause du contrat.

 

Le tribunal tranchera sur le périmètre et les modalités d'exercice de cet accord, mais de fait, eBay a les mains liées comme communiqué à la SEC: "Although Skype is confident of its legal position, as with any litigation there is the possibility of an adverse result if the matter is not resolved through negotiation. In such event, Skype would be adversely affected and the continued operation of Skype’s business as currently conducted would likely not be possible"

 

La neutralité somme toute, c'est assez surfait ma bonne dame…

 

Les opérateurs US quand à eux; répondent à cette menace en lançant les forfaits illimités ('All you can eat'), certes très chers, le but étant de limiter l'attrait du service, qu'il soit mobile ou non. Il s'agit toutefois d'une bataille d'arrière-garde quand on sait à quel point la facturation des appels longue-distance sur le fixe est disproportionnée au regard de la capacité des réseaux de données depuis le déploiement massif des années 2000.

 

Le lancement de Skype Mobile a relancé le débat sur la Mobile Neutrality ou Wireless Neutrality: comme sur Internet (Net Neutrality) la question est de savoir si les opérateurs telecoms ont le droit de restreindre les usages mobiles sur leur réseau.

 

Le régulateur Américain des Telecoms et des Media (FCC) a -jusqu'ici- défendu la Net Neutrality: les fournisseurs d'accès internet ne peuvent restreindre ou tarifer différemment l'accès à des sites web qui sont forts consommateurs de bande passante comme les YouTube ou autres Hulu par exemple. Les usages comme pour le Peer-to-Peer eux, peuvent être restreints.


L'argument des opérateurs sur le sujet est que ces sites leur coutent une fortune en capacité réseau en accaparant la bande passante et qu'ils doivent maintenir la qualité de service pour l'ensemble des utilisateurs… ce qui nécessiterait d'ajouter des capacités réseau, dépenses auxquelles ni les sites comme Youtube, ni les utilisateurs ne contribuent.

 

Pour les réseaux mobiles, le raisonnement est quelque peu différent, il existe en effet plusieurs types de limitations, notamment en ce qui concerne l'augmentation de bande passante.

-          En termes techniques pour le RAN (Radio Access Network): le nombre de stations de base (antennes).

-          En termes de négociation commerciale: nombre de sites accueillant les stations de base.

-          En termes de régulation: disponibilité des fréquences radio.

 

 

Pour résumer, non seulement les coûts d'exploitation des réseaux radio et des réseaux terrestres sont sans commune mesure, mais les investissements sur les réseaux radio, notamment en data, sont encore trop récents pour pouvoir légitimement les considérer comme totalement amortis. Les antennes ne sont pas prêtes de subir le même sort que la "mine de cuivre".

 

Dans tes rêves…

 

La Net Neutrality ne peut se transposer telle quelle au mobile…  en termes économiques simples, un opérateur ne peut mettre en danger son cœur d'activité en ouvrant son réseau à tous les types d'usages, et ce sans plafonnement dans le cadre des usages qui sont autorisés (le régulateur et les autorités de la concurrence étant en position d'éviter les abus dans le domaine).


D'ailleurs, il y a fort à parier qu'une ouverture inconsidérée des réseaux data mobiles (GPRS, 3G) à une application aussi gourmande en bande passante, que la  VoIP engorgerait rapidement le réseau et ne satisferait personne. A l'instar du P2P, les opérateurs peuvent donc s'appuyer sur ce double argument technique et économique afin de ne pas ouvrir leurs tuyaux à ce type d'usage.

 

Au-delà de l'interdiction d'utilisation de la VoIP (et du Peer-to-Peer) sur les réseaux mobiles évoqués précédemment, des opérateurs comme Deutsche Telekom envisagent le blocage pur et simple de l'application sur les iPhones qu'ils vendent.

 

Si on peut comprendre la logique d'une telle décision, il est difficile de justifier la stratégie qui consiste à enfermer ses clients dans un enclos (Wall Garden) qui l'oblige à utiliser les services de l'opérateur…

 

Verizon Wireless l'a d'ailleurs appris à ses dépens, l'opérateur a été condamné l'année dernière par la Justice américaine: il avait désactivé les fonctionnalités radio Bluetooth des téléphones qu'il vendait, et ce sans le mentionner à ses clients, le but étant d'empêcher l'envoi de fichiers à d'autres terminaux par ce biais et d'obliger les clients à utiliser les services payants de l'opérateur (MMS ou service de partage 'maison')…

 

Pour autant, l'arrivée de cette application, combinée avec la profusion croissante de hotspots WiFi en zone urbaine dense (souvent gratuits, parfois de l'initiative même des opérateurs via leurs "box") constitue une réelle menace pour les revenus de la voix, cette 'vache à lait' des opérateurs. Si elle venait à se démocratiser, le manque patent de lisibilité et de légitimité du coût de la voix sur mobile face à cette solution risquerait de remettre en cause la sacro-sainte tarification différentiée voix-data.

 

Cela pourrait constituer le signe annonciateur de la convergence si longtemps prophétisée…

 

If You Build It, They Will Come…then what?

 

Skype et ses futurs propriétaires devront gérer la transition vers un nouveau modèle… empreint de rentabilité, que cela soit pour la fourniture d'un service seul ou d'un service packagé.

Quoi qu'il en soit, je n'en démords pas: la seule gratuité est un point de départ douteux pour un nouveau business… particulièrement dans les Telecoms.


Vincent Bouder
Tariq Ashraf (@TariqAshraf)

Par Vincent Bouder & Tariq Ashraf - Publié dans : Internet & Mobile
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Lundi 30 mars 2009 1 30 /03 /2009 22:05

En ces temps printaniers, mais difficiles pour les banques, Barclays -qui a commencé l'année avec de bons résultats- demeure (encore) à la manœuvre:

En effet la banque a lancé le processus de vente d'iShares, une partie de Barclays Global Investors la Division de Gestion d'Actifs de la banque.

 

iShares, qui est à la base du succès de Barclays Capital (la banque d'affaires de Barclays), est le leader mondial des ETF ou Exchange-Traded Funds et l'un des pionniers du secteur.

Plus connu sous le nom de 'trackers', les ETF sont des fonds indiciels côtés en bourse:

Ils répliquent la performance d'un indice et permettent aux investisseurs de détenir l'équivalent de l'indice en question sans avoir besoin d'acheter toutes les actions qui composent le dit-indice.

 

L'Etat? Moi, jamais!

 

Pourquoi mettre iShares sur le marché?

 

Parce que John Varley, le Directeur Général de la Banque, a jusqu'à maintenant résisté à toute garantie publique pour renforcer son capital: selon lui une telle aide et les conditions attachées limiteraient ses marges de manœuvres (en termes de changement de périmètre de la banque mais aussi et de traitements et salaires) à l'avenir… il s'est donc tourné vers des investisseurs du Golfe en fin d'année dernière et a reçu 7 milliards de livres…

 

La banque a beaucoup moins de créances douteuses (Hypothèques et autres crédits) que ses rivales Royal Bank of Scotland et Lloyds Banking Group, qui ont choisi de participer au programme d'aide publique des banques.

 

L''extreme stress test' de la Financial Services Authority  permettant de vérifier la solidité du bilan des banques, a d'ailleurs démontré que Barclays n'avait pas de besoin (en termes prudentiels) de capitaux supplémentaires (Ce qui a valu à l'action d'augmenter de 24% à la séance de vendredi dernier)

 

Mais la banque se trouve -paradoxalement- dans la même situation que ses consœurs européennes, notamment françaises: avec un ratio de capital Core Tier One de 6,7% (Indicateur clé de la solidité du bilan d'une banque) Barclays reste moins bien capitalisée que RBS (14,5%) et Lloyds (12,4%).

 

Barclays est donc en négociation avec des acheteurs potentiels comme Goldman Sachs, Bain Capital, et un consortium dont Hellman & Friedman comme chef de file.

 

Alchemy in motion

 

Un proverbe anglais proclame que "Necessity, is the mother of invention" (extrait de Gulliver de Swift), on pourrait appliquer ce dernier à Barclays, tant la banque est créative pour lever des capitaux…

 

Le prix annoncé d'iShares est de 4 milliards de livres, soit 1,8% des fonds gérés, ce qui constitue un multiple de valorisation relativement élevé. Si on applique le même multiple à l'ensemble de Barclays Global Investors (qui gère 1000 milliards de livres d'actifs) on arrive à une valorisation de 18 milliards…

 

Ce qui est d'autant plus élevé que la capitalisation boursière de Barclays est de… 10 milliards (avant la séance de vendredi)

 

Cela implique que les autres activités de Barclays (Banque d'affaires et Banque de détail) ont une valeur négative… ou alternativement que la banque a encore réussi un coup de Maitre, en valorisant sa division ETF.

 

Les acheteurs semblent d'ailleurs se bousculer au portillon, tant les conditions de vente sont avantageuses: Barclays va prêter 80% de la somme à l'acheteur d'iShares.

 

Cette pratique appelée aussi Vendor Financing est rarement une bonne idée, mais dans ce cas précis peut constituer un vrai atout gagnant:

-          A un prix de vente de 4 milliards de livres, Barclays devra prêter 3,2 milliards de livres à l'acheteur.

-          La banque devra sécuriser l'équivalent de 10% de cette somme, soit 320 millions… et en retour récupère 4 milliards pour renforcer son capital (d'autant plus élevé qu'iShares a été crée 'from scratch', Barclays n'ayant développé ce business que par croissance organique).

 

 

Ce deal peut paraître compliqué, voire alambiqué, mais il permet aux dirigeants de la banque, John Varley et Bob Diamond, de renforcer les fonds propres de la banque, d'éviter l'aide contraignante de l'Etat Britannique, et surtout d'attendre tranquillement le mois de Juin, date à laquelle expirent les clauses de non-dilution des actionnaires du Golfe: la banque pourra dès lors lever des capitaux 'privés' (Private Capital).


 

Dans un marché haussier (Bull Market) tout le monde se croit Mathématicien…

Dans un marché baissier (Bear Market), tout le monde se découvre Philosophe.

 

Quelque soit le marché, les dirigeants de Barclays restent des Maitres Stratèges… certains diraient même des Alchimistes…

 
@TariqAshraf

Par Tariq Ashraf - Publié dans : Finance
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Mardi 24 mars 2009 2 24 /03 /2009 22:08

J'ai eu l'occasion il y a peu, de discuter avec un Senior Product Manager d'un opérateur historique d'un pays du Golfe, et à la question de savoir quelle était la prochaine révolution à venir dans le secteur, il n'a eu qu'un mot à me répondre: 'Africa!'

 

 

"Ils ont du réseau en Afrique?"

 

…en termes d'utilisation de paiement Mobile, on pense souvent à des pays comme le Japon (avec Felica de docomo par exemple) ou à la Corée… effectivement, le terminal mobile est devenu un 'couteau suisse' permettant bien sûr d'appeler, de surfer sur Internet, de lire des ouvrages numériques, d'écouter de la musique, de voir des vidéos ou de voir la TV sur mobile… d'utiliser les transports en commun…et aussi de payer des produits ou services.

 

Le reste du monde est à la traine… et suit de loin.

 

De loin sauf… pour l'Afrique: s'il est un continent en pointe en ce qui concerne le paiement mobile c'est le bien le continent africain.

 

Certains m'objecteront le faible ratio de produit intérieur brut par habitant (GDP/per Capita), je ne ferais que reprendre les propos de Naguib Sawiris le PDG d'Orascom Telecom: "Si mes abonnés [Africains] ne dépensent que 4,9 dollars par mois en moyenne dans leurs télécommunications mobiles, ils consomment quatre fois moins de capacité réseau qu'un client Français par exemple. Comme nos coûts sont plus bas, notre marge brute d'exploitation en Afrique atteint 65 %, contre 45 % en Italie."

 

A 35% de taux de pénétration mobile pour le continent, il reste un potentiel important de croissance.

 

La majorité de la population n'a pas d'accès aux services bancaires, alors qu'il est plus facile d'avoir un téléphone ou d'avoir dans son entourage une personne qui en possède un: au Bénin par exemple, le taux de pénétration du mobile est de 18% contre 1% pour le taux de pénétration bancaire.

 

Une illustration de ce phénomène est l'annonce faite par ABSA (la première banque du pays d'Afrique du Sud) il y a quelques semaines, à savoir un million de comptes bancaires gérés via un mobile:

-          La banque a atteint ce chiffre en 3 ans, alors qu'il en a fallu 8 pour atteindre le même million pour les comptes gérés via le Web.

-          25% des clients de la banque sont des clients mobiles contre seulement 12,5% des clients web

 

 

"Ça c'est cadeau pour vous"

 

Au Kenya l'opérateur historique Safaricom (Filiale de Vodafone) a lancé il y a quelques années un service permettant d'envoyer des minutes de communications à des personnes de son choix, dans le cadre de son offre prépayée.

 

L'idée était de permettre à des membres de sa famille de recharger leur compte mobile sans bourse délier… sauf que les Kenyans ont détourné le service en utilisant ces minutes comme un moyen de paiement: il était ainsi possible de payer sa course de taxi en minutes de communication mobile…

 

L'opérateur en a profité pour lancer une véritable offre de paiement par mobile (nommé M-PESA) en partenariat avec Vodafone, et en un an est devenu… la plus grande banque de l'Afrique de l'Est (2 millions d'utilisateurs)

 

Au Kenya il est désormais possible de payer sa facture d'électricité ou de retirer de l'argent au distributeur via son téléphone, et ce sans posséder de compte bancaire.

 

Mieux encore, alors qu'auparavant il était très difficile pour certaines communautés de rassembler l'argent nécessaire à la construction de puits d'eau potable, les compagnies d'eau installent gratuitement les équipements en faisant payer les retraits d'eau…par téléphone mobile.

Le service est désormais étendu au Royaume-Uni via une nouvelle offre proposée par Vodafone et son partenaire, le groupe bancaire Citigroup. Il permet désormais de réaliser des transferts transfrontaliers d'une valeur variant de 100 à 35.000 shillings par transaction entre la Grande-Bretagne et le Kenya: Western Union doit voir cela d'un œil inquiet...


Le paiement est la nouvelle 'Killer application' sur le continent et une demi-douzaine de projets sont annoncés ou déjà lancés…

MTN profitant de sa position premier opérateur africain, s'apprête à lancer une plateforme bancaire mobile panafricaine, couvrant 21 nations, le tout moyennant une commission sur chaque transaction.


Il existe plusieurs initiatives du même type lancées par des banques comme Standard Chartered & Citibank qui se sont associées, ou par des opérateurs Telecoms (
Mi-Pay d'Isys au Soudan par exemple).


La fondation Bill & Melinda Gates a financé un fonds à hauteur de 12,5 millions de dollars afin de 'bancariser' l'Afrique… par le biais des Téléphones mobiles.

 

"Yes Papa, Jeu de jambes"

 

Le continent africain est devenu en quelques années, LA destination privilégiée des investissements Telecoms, ceux-ci ne se limitant pas à l'Afrique du nord.

 

Si l'on y regarde de plus près, un Vodafone rachetant Ghana Telecom et prenant la majorité de Vodacom en Afrique du Sud pour 2,5 milliards de dollars, n'est que l'illustration de ce phénomène, mais aussi celle d'une vague de consolidation dans les deux à trois ans qui viennent: le continent Africain restant très fragmenté en termes de marché mais restant aussi très concurrentiel.

 

L'opérateur Sud-Africain MTN est en position de force mais voit débarquer sur son terrain des 'Bâtisseurs d'Empire':

-          A partir de leurs marchés captifs du Golfe, Zain et Etisalat dépensent sans compter…

-          France Telecom s'appuie sur ses marches francophones d'Afrique de l'ouest pour attaquer le reste du continent.

-          Telkom l'opérateur historique Sud-Africain a acheté un opérateur Nigerian avec l'argent retiré de sa participation dans Vodacom.

-          Et bien sur Vodafone comme évoqué plus haut.


Rapidement le marché va se restructurer autour de quelques acteurs avec un réseau très étendu sur le continent, des bilans financiers solides et surtout des économies d'échelle au niveau continental: de quoi séparer le 'A' du traditionnel découpage de marché en 'EMEA'.

 

L'Afrique donc, nouvel eldorado du secteur… en passe de devenir le nouveau terrain de bataille d'opérateurs puissants… Occidentaux, Originaires du Golfe, mais aussi Africains, qui ne se contentent plus d'être des opérateurs cantonnés aux Telecommunications… mais aussi d'être des…Opérateurs Bancaires.

  

Game Changer


En Afrique du Sud, on estime qu'environ trois millions de personnes auraient utilisé l'an dernier, leur mobile pour accéder à des services bancaires.


Mais plus surprenant encore, en Zambie, l'équivalent de 2% du PNB du pays transiterait par la solution de paiement local mobile CelPay.



Sans sombrer dans l'angélisme béat, ce genre de phénomène permet de corréler directement l'usage du téléphone mobile à la croissance économique d'un pays…voire d'un continent.

 

@TariqAshraf

Par Tariq Ashraf - Publié dans : Mobile
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Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /2009 22:09

Quand vers la fin 2007, j'ai découvert Twitter j'ai -comme beaucoup de personnes- pensé que ce n'était qu'une perte de temps…


Un message limité à 140 caractères? Soyons sérieux, je n'ai pas besoin de substitut pour les SMS!

 


I can do less, than anyone else in the world

 

Et pour en faire quoi d'ailleurs? Pas grand-chose semble-t-il… cela ressemble au message du statut Facebook… mais c'est à peu près tout, cela ne va pas plus loin que ça: pas de services, ni de fonctionnalités derrière.

 

En particulier, je me suis demandé pourquoi la startup ne proposait pas nativement des fonctionnalités supplémentaires, et laissait des tiers s'en occuper, la recherche par exemple (La startup a depuis racheté la société Summize qui proposait un moteur de recherche de flux Twitter)

 

Et bien en 2009, je me dis que ce manque de services, ne constitue non pas un point négatif, mais bien un point positif: ce que Twitter a réussi à faire, c'est de se débarrasser du brouhaha que l'on trouve sur les sites de networking social comme MySpace ou Facebook: via ce site on revient à l'essence même du message que l'on désire communiquer.

Un tweet (message sur Twitter) est la plus petite forme d'interaction online: le niveau atomique de media social.

 

En utilisant ces 'atomes' comme des blocs de construction (comme les legos de ma jeunesse!), des services plus complexes ont pu être crées.

 

En effet si une majorité d'utilisateurs envoient des tweets sans avoir une véritable approche outil du site, d'autres utilisateurs commencent à vouloir structurer leur utilisation en passant par exemple par un tableau de bord, du type de TweetDeck, afin de suivre certains des personnes de leur réseau  (Followers) en les assignant à des groupes.

 

De même des fonctionnalités de filtrage à partir de mot clés ont fait leur apparition (comme TweetGrid) je passerais sur les outils de statistiques et de suivi basés des indicateurs ou des dimensions à définir, afin de suivre l'évolution du nombre de tweets.

 

Une multitude de widgets s'est développée autour de Twitter: du suivi du cours de ses actions et de ses ordres de marché, en passant par un widget permettant d'envoyer des tweets à une date et un horaire précis, afin d'avoir une notification de rendez-vous ou de réunions (aux Etats-Unis, et au Canada, Twitter envoie des SMS sur votre mobile). Il existe même un Flickr-like qui a été utilisé pour envoyer la première photo du crash de l'Airbus d'US Airways dans l'Hudson.

 

Des sites tiers comme Bit.ly ou TinyURL permettent de réduire la taille d'une URL (afin de rester dans la limite des 140 caractères) et possèdent  leur propre  système de suivi statistique.

 

Bien évidemment, on ne peut pas encore parler de services, mais plutôt de fonctionnalités: dans un 'environnement classique'  Web X.0, ils auraient été partie intégrante du service Twitter, ou alternativement ils auraient été rachetés…


When less is more…

 

Par contre on peut parler d'un véritable écosystème qui s'est développé avec des fonctionnalités 'déguisées' en services, qui essayent de se développer dans l'environnement Twitter.

 

Une des grandes forces de l'entreprise est de proposer une interface de programmation ouverte et documentée (ce qu'on appelle une 'API: Application Programming Interface').

Elle permet de construire facilement des applications ou des services s'appuyant sur la plateforme.

 

Je crée un buzz autour de mon service de communication, ce qui me permet d'attirer des utilisateurs, des tiers leur proposent des…fonctionnalités qui leur facilitent la vie…  des personnes influentes (Barack Obama pendant et après l'élection présidentielle Américaine), ainsi que des sociétés (BBC, Reuters, Dell…) y viennent pour y créer ou utiliser une audience existante… ce qui alimente les inscriptions au site.

 

Twitter est une Plateforme ouverte, dont le métier est celui d'un véritable Enabler de Services

 

A date Twitter ne facture pas encore ses fonctionnalités, mais cela ne saurait tarder… le futur modèle de facturation sera forcément intéressant à étudier…

…et ce notamment pour les opérateurs Telecoms.

 

 

Nouveau Business Model


En comparaison les opérateurs Telecoms possèdent déjà une base clients, un réseau déployé et amorti depuis un moment… et par-dessus tout ils possèdent plus d'information sur leurs clients que les banques elles-mêmes:

Qui a appelé qui et quand, pendant combien de temps, le nombre de SMS envoyés et reçus, la localisation géographique des clients, etc… de même ils ont la main sur des services comme la facturation, l'envoi de SMS, le répondeur…

Ils ont jusqu'à maintenant gardé ces information et services dans leur giron, à l'exception des agrégateurs de services proposant le SMS+ par exemple.

 

Comme notre startup, les Telcos envisagent désormais d'utiliser leurs informations afin de créer une nouvelle source de revenus… ce qui relève quasiment de la révolution copernicienne:

d'un modèle de réseau fermé -appelé aussi 'Closed Network Model'  ou NetCo -à un modèle de plateforme ouverte- WebCo ou Telco 2.0- ce qui s'apparente au modèle de Twitter évoqué plus haut.

 

L'idée est d'utiliser l'intelligence et la connaissance qui réside dans leur réseau…en permettant à des tiers (de confiance) d'y accéder.

 

C'est le concept de NaaS: Network as a Service.

 

Le NaaS permettrait de:

-          Gagner de l'argent grâce à l'intervention de tiers, qui se connectent au réseau

-          Avoir l'opportunité de proposer par leur biais, plus de services à leurs clients

-          A un cout réduit…

-          …et donc de limiter leur taux de Churn.

 

Plusieurs initiatives ont déjà été lancées, -Orange Partner ou Vodafone Betavine par exemple-, mais restent pour le moment limitées, en termes de périmètre et de modèle de pricing mais aussi de marché (cloisonné par pays pour le moment)…

 

Ceci laisse un espace à des fournisseurs de plateformes de services externes ou…internes par le biais d'une réorganisation des opérateurs avec des Business Units Réseau, Wholesale, Marketing (mais ceci est un sujet à part entière)

 

Les opérateurs vont donc s'attaquer donc au concept de 'Bits & Pipes' (Simples Tuyaux) en ayant pour objectif de le dépasser afin de fournir un tuyau …intelligent.

 

 

My Ecosystem is bigger than your Ecosystem…

 

L'objectif est de renforcer le troisième marché des opérateurs: le Wholesale (MVNOs, NaaS..),  aux cotés du Retail (GP) et de l'Enterprise.

 

Bien sur tout n'est pas aussi rose, et il existe un certain nombre d'obstacles à surmonter:

 

-       La palette de services disponible sur un Twitter reste souvent assez difficile à explorer pour un internaute, en comparaison à un Facebook qui offre un fonctionnement intégré

Twitter ou tout opérateur devra proposer un point d'entrée (unique) facilitant la recherche et l'accès à ces services (à l'image de l'App Store d'Apple, qui malgré tout, n'est pas la panacée en matière de recherche d'applications)

 

-       Les partenaires ne fournissent pas toujours des services fiables ou attractifs, ce qui peut nuire à l'image de la plateforme qui ne maîtrise rien en la matière.

Il sera rapidement nécessaire de mettre en place un cahier des charges ou une charte à respecter, ce qui peut nuire à l'innovation.

 

-       L'écosystème doit atteindre une taille critique pour survivre de lui-même; les partenaires offrant ces services étant attirés par la base client existante, il faut recruter un nombre conséquent de clients/utilisateurs... grâce à des services diversifiés...la phase de lancement reste donc cruciale.


Pour finir, il existe une forte complexité en termes d'évolution de la plateforme et de son écosystème, puisque chaque changement des API implique des changements à coordonner, chez tous les partenaires ainsi que chez les utilisateurs finaux…

 

Que ce soit la plateforme Twitter, ou le NaaS pour les opérateurs Telecoms, il convient d'attendre de voir si ces écosystèmes qui croissent à partir d'une firme ou d'un service sont pérennes dans le temps.

 

We shall see…

 

Vincent Bouder

Tariq Ashraf (Twitter username: @TariqAshraf) 

Par Vincent Bouder & Tariq Ashraf - Publié dans : Internet & Mobile
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Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /2009 22:05

Depuis de nombreuses années les dirigeants de Microsoft entonnent ce refrain qui commence à être connu, 'la recherche sur Internet peut être améliorée':

Les internautes passeraient beaucoup de temps à naviguer au hasard de pages internet sans lien direct entre elles, afin de trouver l'information dont ils ont besoin (Ce qui est avéré: 40% des recherches en moyenne), et sont souvent frustrés de ne pas trouver ce qu'ils cherchent (Encore Vrai: 46% des recherches n'ont toujours pas abouti au résultat désiré au bout de 20 minutes).

Toutefois essayer de battre Google au jeu d'attrape…souris va s'avérer très difficile (J'adore énoncer des évidences, pas vous?!).

Microsoft y croit tout de même et est en train de tester en interne, un nouveau moteur de recherche Internet.

Cela constituera un échec et ce pour… deux raisons (…Retour du mythique plan en deux parties).

La première (!): Désormais l'amélioration de la pertinence des résultats de recherche internet d'un moteur de recherche classique, ne sera que difficilement perçue par les utilisateurs (Nous ne parlerons pas du moteur de recherche Wolfram, qui n'est -à date- que virtuel).

La raison pour laquelle Google a pu rapidement bénéficier d'une longueur d'avance au début de la décennie, est qu'à l'époque, la recherche sur internet était considérée comme un service sans valeur ajoutée par les firmes internet: une commodité qui ne permettait pas de gagner de l'argent.

Bullet Proof Business Model

Google a réussi à démontrer le contraire:

L'amélioration des  résultats de recherche et de la publicité ciblée, a engendré un meilleur trafic internet et en conséquence, un free cash flow permettant d'investir dans une infrastructure (Data centres) - aujourd'hui inégalée- qui à son tour, a permis une meilleure indexation de l'internet… et de meilleurs résultats de recherche: un vrai cercle vertueux... ('A Gold-pressed one, on top of that').

Pour une génération entière d'internautes, la divine surprise des résultats de leur première recherche sur le moteur de recherche a donné à la marque… une réelle Aura.

La Deuxième (!!): Microsoft semble vouloir miser sur une différenciation par le biais de l'interface utilisateur…

Le problème est que les internautes n'ont jamais répondu positivement à des innovations dans le domaine (Comme le 'Clustering' par exemple) qui devaient théoriquement faciliter la recherche et affiner les résultats: un parfait exemple est le moteur Ask.com qui a fait preuve de vraies innovations dans le domaine, mais qui n'a pas pu maintenir sa part de marché dans la recherche internet.

Le Schmimimibilimimi, le Similibilibi… le Schmilblick est il…Coréen?

Un bon point de départ pour Microsoft serait une marque forte et une bonne campagne marketing.

Simple? Oui et non, le track record de Microsoft n'est pas très bon dans le domaine… Il est essentiel de créer un lien fort avec les internautes, en termes d'usage mais avant tout d'image,  et dans le domaine les noms 'Microsoft' et 'Windows' ne sont pas du pertinents…

Le nom de code du projet de moteur de recherche de Microsoft est 'Kumo': Le 'Nuage' ou 'l'Araignée' en japonais, Microsoft vient d'ailleurs de déposer le nom de domaine 'kumo.com'.

En ce qui me concerne cela m'évoque… une marque coréenne de pneu (Kumho) et pas grand-chose d'autre.

En 1985 l'icône Coca Cola a changé le gout de son produit et (quelque peu) son Logo: à l'époque les consommateurs américains (Quelque peu sanguins il est vrai) ont manifesté contre ces changements, et sous la pression de la rue, la firme a repris l'ancienne formule et l'ancien logo (En rajoutant le mot 'Classic' sous la marque)

Depuis, Pepsi Cola a changé plusieurs fois de logo et s'apprête encore à en changer cette année (un 'Smiley' stylisé aux couleurs historiques de la marque)… mais personne n'en a vraiment cure... et là où Pepsi Cola se vend bien, le plus important est le goût (valeur d'usage), non pas l'attachement à la marque.

Malheureusement avec 'Kumo', il n'y aura que peu de valeur d'usage (Perçue!) et d'image.

Que faire? Et bien…racheter Yahoo! bien sur

Sujet de prédilection, le retour du Serpent du Loch Ness, caché par l'arbre qui lui-même cache la foret: Yahoo! (J'en profite pour remercier personnellement Jerry Yang, qui a été une vraie source d'inspiration pour ce blog)

Yahoo! malgré tous ses déboires, et ses errements (Dénoncés par votre serviteur) c'est:

-          Une technologie de recherche éprouvée (Au sens propre comme au sens figuré…)

-          Une vraie marque à laquelle sont attachés les internautes (En perte de vitesse il est vrai)

-          Un véritable media d'information online (Yahoo! Finance, Yahoo! News…) que l'on peut qualifier de seul vrai Portail grand public.

-          Une position concurrentielle enviable dans le mobile avec la suite Yahoo Go! (Même si c'est une belle endormie: Google revenant à grandes enjambées).

-          Plusieurs millions de comptes email.

-          Plusieurs millions de comptes de messagerie instantanée Yahoo! Messenger.

Suivez le guide... ou le troupeau

Pas besoin d'augure, les tendances d'audience des différents moteurs de recherche sont évidentes: tous les nouveaux utilisateurs du Web utilisent Google, qui s'est imposé comme la référence, à tel point que la marque a quitté le monde du business pour passer dans le langage commun chez nos amis outre-Atlantique. Alors qu'attendre d'un rachat de Yahoo! ?

Mais la consolidation de deux palettes de services et de réseaux d'internautes majeurs, bien sûr!

Yahoo! est une marque forte qui malgré les déboires de la firme éponyme, possède une base clients (Captive par définition!) mail, de même pour l'IM, et les Media, sans compter les internautes non enregistrés qui naviguent sur ses sites d'information, à combiner avec la puissance de feu d'un Microsoft en termes de Cash, de position logiciel (OS) sur les marchés Grand Public et Entreprises…

Microsoft possède une position forte auprès des 18-30 ans avec Live Messenger, et peut facilement s'appuyer sur Windows pour rester puissant dans le domaine. 

Yahoo! apporte une clientèle plus mûre, implantée dans le monde Internet depuis les années 90.

When you control the Mail, you control Information…

Microsoft pourrait s'appuyer sur cette base captive pour stabiliser une part du marché de la recherche (Disons de 20% au niveau mondial, avec en 2008 un Yahoo!  à 14% et un Microsoft à 3,5%) que Google sera probablement heureux de lui laisser pour s'éviter les foudres des autorités de la concurrence. Un scénario inverse de celui du marché du logiciel, en somme.

A condition de racheter Yahoo! dans son intégralité  et de mettre en place un véritable modèle de 'Cross Selling' comme le fait Google.

La valeur de Yahoo! réside dans la somme de ces activités et des synergies qui en découlent, découper la société  en morceaux détruirait de la valeur pour toutes les entités qui en résulteraient… Yahoo! a un avenir en tant que société, mais sous forme de portail dont la recherche ne serait qu'une des composantes.

D'ailleurs le mandat donné à Carol Bartz est de réorganiser la société afin de la remettre sur pieds… il n'y est fait nulle part mention du maintien de l'indépendance de la société.

Growth=vlookup

La croissance de la recherche internet se trouve elle, dans le domaine de la recherche verticale: des moteurs de recherche thématiques qui permettent d'avoir une richesse de référencement sur un thème donné (Un secteur, une spécialité professionnelle…) richesse qui, comme me l'a démontré le Directeur Général d'un des principaux moteurs de recherche de prix, ne peut être égalée par un moteur de recherche généraliste comme Google ou Yahoo!.

C'est un segment de marché affichant une croissance de 15% par an depuis 3 ans, et une valeur estimée à 1 milliard de dollars en 2009 (Forrester).

Pourquoi un tel engouement?

Google est un moteur généraliste omniprésent, fournissant des résultats:

-          Généralistes, indexés mais non classés

-          Issus de sources hétérogènes

-          Sans prise en compte du contexte de la recherche

En somme, beaucoup d'information, beaucoup de pages indexées (C'est le principe de base: 'Indexer tout Internet') la seule planche de salut étant une fonctionnalité d'affinage…

Les moteurs de recherche verticale ont pour caractéristiques:

-          Une indexation qui est plus limitée en quantité, mais plus importante en qualité

-          Une sélection par des spécialistes du segment c'est-à-dire un enrichissement manuel ainsi que par des algorithmes (Que ce soit en termes de sources ou d'informations)

Cette sélection découlant d'une ligne éditoriale.

Ils permettent idéalement:

-          Un focus sur le segment de recherche qui importe à l'utilisateur

-          Une rapidité d'accès à l'information désirée (Sur leur segment)

-          Des premiers résultats pertinents notamment par le biais de la contextualisation

Ainsi si la fusion Microsoft-Yahoo! a lieu, il restera donc un duopole de Moteurs Généralistes, avec un Google solidement enraciné dans le paysage, mais aussi et surtout dans nos habitudes…

De façon assez classique, ce duopole laissera une place à de nouveaux acteurs verticalisés qui permettront d'adresser un besoin de recherche spécifique.

Somme toute, la différence entre le râteau et le tamis…

Vincent Bouder

Tariq Ashraf

 

Par Vincent Bouder & Tariq Ashraf - Publié dans : Internet
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Lundi 2 mars 2009 1 02 /03 /2009 22:11

Quand Sprint a apporté ses fréquences WiMAX à Clearwire, en échange de 51% de la nouvelle société (appelée Clear) qui résultait de ce montage, et qui devait permettre le déploiement d'un réseau 4G d'envergure nationale aux Etats-Unis, Sprint a de même, hypothéqué son futur.


Sprint ne contrôle donc plus 'son' réseau de prochaine génération (NGN ou Next Generation Network), la société a fait entrer des câblo-opérateurs et d'autres concurrents mobiles dans la bergerie


L'idée de faire converger les deux réseaux (et les Clients) de Sprint vers un même standard de prochaine génération est donc battue en brèche… la réputation de Sprint en termes de gestion de réseau est désastreuse que ce soit pour:

-      Son propre réseau CDMA, (et les innombrables problèmes d'upgrade vers l'EV-DO)

-      Le réseau iDEN trouvé dans la corbeille de Nextel (qui avant la fusion, avait une réputation de qualité de service  irréprochable, et avait une base client très fidèle avec un revenu par abonné supérieur de 20% à la moyenne US)

-      La gestion combinée des deux réseaux…  

 

Externaliser ce qui 'devrait'  être le cœur de mon métier…


L'argument avancé par Sprint est bien sur différent: dans le futur, l'opérateur du réseau sera cantonné à la  gestion de simples tuyaux ('Bits and pipes'), et que c'est à des fournisseurs de services de se fournir auprès de lui, en proposant des services packagés personnalisés, et des applications, et ce à une grande variété de clients.


Sprint veut proposer des services basés sur la combinaison des réseaux 3G CDMA (EV-DO) qui lui appartient et le réseau WiMAX de Clear, une carte WiMAX pour PC est déjà disponible en attendant un produit bi-mode CDMA-WiMAX pour le début 2010.


Le prix d'une puce WiMAX étant prévu pour tomber en dessous de 10 dollars d'ici 3 ans, l'idée pour l'opérateur est d'implanter des puces WiMAX dans produits d'électronique des loisirs tel que le livre numérique 'Kindle'  d'Amazon, ou dans des ordinateurs portables ou des netbooks, voire des ordinateurs de bureau.


Selon l'opérateur, des services comme l'internet à haut débit ('fixe' ou ’mobile'), la vidéosurveillance peuvent être proposés dans ce cadre.


Le problème est que la fourniture de services WiMAX de Clear ne sera pas que l'apanage de Sprint. Quand (si?) le réseau sera prêt, l'accès au service deviendra une commodité, Cleawire, les 'câblos' Comcast, Time Warner Cable (en passe de devenir une société indépendante) vont concurrencer Sprint dans la fourniture de services.


A cela s'ajoutent les Verizon, AT&T (et dans une moindre mesure T-Mobile) qui ne vont pas rester les bras croisés, et vont de même essayer d'augmenter leurs revenus Data (en 2008 Verizon a mis en place l'Open Access, en ne bridant plus l'accès à son réseau, dévolu auparavant aux seuls terminaux mobiles vendus par ses soins).

Si tu lui donnes les clés de la maison, tu devrais garder un double…


Pourquoi un client choisirait-il Sprint (qui jouit d'une réputation exécrable en termes de qualité de réception, de facturation et de service client)?

La couverture en 3G est un plus…sauf que Clearwire peut acheter à Sprint un accès au-dit réseau dans le cadre de leur accord.

Je ne vois pas quel serait l'avantage concurrentiel de Sprint, si ce n'est leur base installée de clients.


Les câblo-opérateurs, par contre, vont -enfin pouvoir- proposer du Quadruple-Play, et dans le futur (d'anticipation) faire de leur set top box un véritable hub numérique, connecté en WiMAX aux ordinateurs, TV et autres PVR du foyer, tout en proposant un accès à distance via le web.


Sans son propre réseau '4G' WiMAX, Sprint a parié que la société pourra capter au moins 51% du succès (hypothétique) du WiMAX aux Etats-Unis.


Résumons:

1 -  Une stratégie de Full MVNO dans la 4G (pour les non-initiés: Opérateur Mobile Virtuel possédant l’ensemble des éléments d’un réseau mobile à l’exception de l’accès radio)

2 -  Et ce, avec une (très) mauvaise réputation en termes de qualité de service (Dernier dans les classements 2005, 2006, 2007 et 2008 de JD Power)

3 -   …sans aucun facteur différentiant, que ce soit en termes de marque (positif en tout cas), ou d'offre produit…


C'est un pari que je qualifierais de risqué.


Il y a quelque temps, le Directeur du support réseau d'un opérateur mobile français m'avait lancé:

"Un opérateur mobile, c'est un réseau, des antennes et un fichier excel avec la liste des clients…"

 

De même, je dirais que les partenaires de Sprint ont pris un réseau, (une base client?) en Viager, ils vont payer une rente, le temps que Sprint… ne soit plus de ce monde -sous sa forme actuelle- pour pouvoir ensuite récupérer les actifs…

Par Tariq Ashraf - Publié dans : Mobile
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Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /2009 22:02

Tiens j'ai un …'ami' (Ce n'est pas moi je vous le jure!) qui utilise la version mobile de Facebook. Il a un iPhone et en profite pour, envoyer des messages, mettre à jour son statut, uploader des photos faites avec l'appareil et il lui arrive même parfois de regarder les 'updates' de ses contacts (Sur la page principale): de fait il n'y a que l'essentiel du site, et (Pour l'instant) il n'y a pas de publicité sur cette version.

Apparemment, je... heu cet 'ami' fait partie des 25 millions d'utilisateurs de Facebook en mobilité (Comme le veut l'expression française consacrée), et des 4 millions de personnes qui s'y connectent au moins une fois par jour. Soit plus de 16% des 150 millions d'utilisateurs du site.


Cette tendance traduit la montée en puissance des 'Super Phones' Jje n'emploie pas le mot 'Smartphone' à dessein) que sont les iPhones, N96, et autres Blackberry Bold, tendance qui consacre la vraie convergence des usages web et mobiles.


I believe I can fly, I believe I can touch the sky…


Dans un élan "futuriste", je dirais même que cette convergence, mariée aux services basés sur la géolocalisation, pourrait créer un nouvel internet
(Oui je sais c'est très mégalo, mais depuis qu'Al Gore a clamé avoir inventé l'Internet il y a quelques années, tout me semble permis!), en ce sens qu'il serait interactif, en temps réel et surtout contextualisé.


Dans ce nouvel environnement, l'utilisation d'un (Bête) navigateur internet sur son 'device' parait assez pauvre en termes d'expérience utilisateur…

L'idée est plutôt d'utiliser une interface cartographique (Terme savant pour une 'carte') comme Google Maps/Latitude afin de proposer des informations géolocalisées…


A cela près que l'utilisateur n'en fait pas forcément la demande mais plutôt le tri: je suis dans un quartier que je ne connais pas, la carte sur mon téléphone mobile me permet de me localiser et me propose des choix (Banques, Cinéma, Commerces etc…) dont je ne fais pas la recherche à priori ('Offer driven': marketing de l'offre)


Offrir à un utilisateur la possibilité d’accéder à une information contextualisée et personnalisée, constitue  l’avenir même du m-Commerce: et ce grâce à des  technologies qui font partie de notre futur immédiat, telles que le NFC (Near Field Communication) qui permet d’utiliser son mobile en tant que carte sans contact (Principe du Pass Navigo).


Non loin d'un magasin FNAC,  mon téléphone le localise, le pointe sur une carte embarquée et m'avertit d'un concert qui est en cours… je passe mon téléphone NFC au dessus d'une borne à l’entrée, le magasin me reconnaît en tant qu'adhérent FNAC  et envoie directement sur mon mobile les informations qui m’intéressent comme l’arrivée dans les bacs (Physiques ou numériques…) du nouvel album de 'Wax Tailor' (Je suis fan, je n’y peux rien !!), me propose par la même occasion de voir son dernier clip (Plutôt bon: Animation, Noir et Blanc) et enfin m’indique que son prochain concert aura lieu à l’Olympia en juin (C’est de la pure fiction en termes de date mais cela serait quand même excellent!!).


Plus besoin de pester devant la file d'attente à la billetterie, j’achète ma place à l’aide de mon portable: mon mobile DEVIENT ma carte FNAC  en me donnant  accès à mes privilèges d'abonné lors de l'achat ainsi qu'a mes points de fidélité et des réductions sur… un jeu pour ma console par exemple.

Les téléphones NFC Nokia et Samsung existent mais leur généralisation ne se fera pas avant 1 à 2 ans… par contre la géolocalisation elle, est déjà là.

 

priceless (ça n'a pas de prix)


Revenons à notre… ami. En fusionnant son carnet d'adresses et ses contacts Facebook, la 'Startup' pourrait lui proposer des services géolocalisés ainsi que 'géosocialisés'.

Dès lors, plus besoin d'appeler des amis pour organiser une soirée 'Ligue des Champions': en embarquant Facebook Mobile (Invitation précisée dans la mise à jour de mon statut par exemple) et une ou deux applications du site,  nous voilà chez un ami pour regarder la énième défaite des clubs français mais, subtile précision, avec de quoi boire et de quoi manger (On entrevoit assez bien les possibilités de publicités ciblées et d'e ou de m-Commerce).


Bien sûr, il existe des applications iPhone notamment qui permettent de disposer de services géolocalisés avec des fonctionnalités de réseaux sociaux… (Le restaurant du quartier testé et noté par des personnes de mon entourage) mais ces réseaux sont spécifiques et donc de fait limités ainsi que fragmentés en termes d'utilisateurs.


Facebook
pourrait lier tout cela en utilisant sa base d'utilisateurs… et serait au cœur du mobile en devenant LE carnet d'adresses de ce dernier.


Step by step, Oh baby…

Tout cela peut faire un peu peur aux utilisateurs de mobiles que nous sommes, notamment en ce qui concerne les problématiques de spamming déjà connues sur PC: recevoir sur son mobile, sans l'avoir demandé, des publicités pour le coiffeur du coin ou pour la nouvelle pizza de Pizza Hut -au vu du lien affectif que les clients ont avec leur mobile- ferait l'objet d'un rejet massif par les clients et ralentirait l'avancée du m-commerce. Il convient donc d'établir des règles du jeu claires, avec une politique anti-spam adaptée de la part des éditeurs et des opérateurs (Ces derniers étant déjà actifs dans le domaine)

 

De même pour l'hameçonnage, (Ou 'phishing' en anglais), un peu moins connu mais autrement plus dangereux qui permet à des personnes malhonnêtes d’obtenir des renseignements personnels dans le but de perpétrer une usurpation d'identité.

La technique consiste à faire croire que je m'adresse à un tiers de confiance (Banque, administration, amis) pour me demander des renseignements personnels : mot de passe ou numéro de carte de crédit. L'hameçonnage est une problématique de l’utilisation de son téléphone (Beaucoup moins protégé qu’un PC), qu’il faut gérer avant que notre bon vieux téléphone ne devienne le recueil et l’historique de nos faits et gestes.

 

Les applications d'authentification des opérateurs embarquées sur la SIM, pourraient constituer une solution à ce problème (SFR & Trusted-Labs proposent par exemple depuis l'année dernière un espace dédié sécurisé sur la carte SIM, avec un chiffrement de niveau EAL 4, égal à celui d'une puce de carte Bancaire)

 


Mais nous n'en sommes pas encore là: il faut tout d'abord évangéliser les utilisateurs en termes d'utilisation de réseaux sociaux mobiles, avant de livrer bataille aux constructeurs, aux opérateurs pour la propriété du carnet d'adresses de… mon ami féru de Facebook (Qui lui, a longtemps renoncé à celui-ci, et cerise sur le gâteau, de manière totalement volontaire)

Les difficultés des négociations entre Facebook, Nokia, et autres Sony Ericsson en sont la preuve...

 

 

Quand j'étais petit, on se disait à la cour de récré:

"T'as pas la télé? Mais comment tu fais?!"

 

Aujourd'hui c'est plutôt:

"Comment ça tu n'es pas sur Facebook? Mais dans quel monde vis-tu?"

 

Demain ça sera:

"Comment? Ton téléphone ne permet pas d'utiliser Facebook?

 Mais comment va-t-on se retrouver une fois sur place alors?!"

 

 

Xavier Cabot

Tariq Ashraf

Par Xavier Cabot & Tariq Ashraf - Publié dans : Mobile
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Profil

  • : Tariq Ashraf
  • An Englishman in Paris
  • : Homme
  • : 01/12/1976
  • : Business Finance Media High Tech Technology
  • : Quelques bons mots, un peu d'humour (Anglais), beaucoup de Business (Une deuxième religion), des TMT... somme toute, le regard d'un simple Citoyen (Au sens de la Grèce antique) sur notre société.

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